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Alphonse Durand, l'architecte des notables, et ceux qui ont écrit l'histoire de ses maisons

Une rose sur la sculpture

Des maisons baptisées du nom de leur deuxième ou troisième occupant, un architecte dont on ne sait pas combien de maisons il a signées, un premier ministre de six mois, et un témoignage sur le symposium de 1966 où passe un invité impossible.

Pour les grands · 1 heure 30 · Un kilomètre deux cents, du boulevard Manseau à la rue Notre-Dame et retour, jusqu'au parc Antonio-Barrette. · départ : sur le trottoir devant la maison Wenceslas-Pouliot, 692-694 boulevard Manseau, au coin de la rue Sainte-Angélique, Joliette

5 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 7

Un parcours gratuit dans le quartier des grandes maisons du début du XXe siècle, presque toutes signées ou attribuées à Alphonse Durand, et un exercice de lecture critique : qui a vraiment habité ici, et qu'est-ce qu'une fiche patrimoniale sait vraiment ? Toutes les maisons sont privées : on regarde depuis le trottoir, sans s'attarder devant les fenêtres. Le boulevard Manseau a une circulation soutenue. Tout se joue en toute saison. Deux étapes sur sept n'ont pas de réponse écrite d'avance.

  1. Étape 1 · Devant la maison Wenceslas-Pouliot

    La fiche de la Ville présente cette maison de 1901 comme la « résidence de M. Pouliot, grossiste en alimentation ». La brochure du circuit patrimonial raconte autre chose : Wenceslas Pouliot n'arrive à Joliette qu'en 1906. Pour qui la maison a-t-elle été bâtie, et quand Pouliot y entre-t-il ?

    Un coup de pouce

    Lisez la brochure à la page de la résidence : elle compte les propriétaires un par un.

  2. Étape 2 · Devant la maison Durand-Schwerer

    Prenez la rue Sainte-Angélique Sud jusqu'à la rue Notre-Dame, puis tournez à droite jusqu'au 780, environ deux cent cinquante mètres en tout.

    C'est la maison qu'Alphonse Durand s'est bâtie en 1906 pour lui et sa femme, la sculptrice Marie Schwerer. La fiche conclut : « Personne ne lui en commandera une semblable. » D'après ce qu'elle dit juste avant, pourquoi ?

    Un coup de pouce

    La phrase qui précède oppose deux pays et deux styles. Relevez les deux « trop ».

  3. Étape 3 · Devant la maison Jean-Baptiste-Fontaine

    C'est la maison voisine, quelques pas plus loin.

    La fiche : construite vers 1910 « pour le notaire Jean-Baptiste Fontaine ». La brochure : mise en location jusqu'en 1916, puis, « quelques actes de vente plus tard », acquise par Fontaine, tour à tour comptable, courtier d'assurances, représentant d'une société de colonisation, et industriel. Qu'ont en commun ce cas et celui de la première maison ?

    Un coup de pouce

    Comparez les deux fiches à leur brochure : laquelle des deux sources entre dans le détail des ventes ?

  4. Étape 4 · Au coin du boulevard Manseau et de la rue Lavaltrie Nord

    Suivez la rue Notre-Dame vers le sud-ouest jusqu'à la rue Lavaltrie, puis remontez-la à droite jusqu'au boulevard Manseau : la maison Georges-Lesage est au coin, la maison Hervé-Chiré de Cournaud en face.

    Combien de maisons Durand a-t-il dessinées ? La fiche du presbytère Saint-Pierre : « entre 1901 et 1914, une vingtaine de maisons ». Celle de la maison Lesage, devant vous : « quelque 20 à 30 demeures dont la conception est attribuée » à Durand, et la maison date de 1921, après 1914. Celle de la maison Fidèle-Perreault : sa ressemblance avec les autres « nous autorise à déduire » qu'elle est de lui. Proposez une règle pour décider qu'une maison est un Durand.

    Un coup de pouce

    Trois méthodes cohabitent dans ces fiches : un plan ou un contrat signé, une attribution par une étude, une déduction par ressemblance. La troisième grossit le corpus à chaque fois qu'on l'emploie. Aucune source ne publie la liste.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  5. Étape 5 · Devant la résidence Antonio-Barrette

    Quelques pas plus loin sur le boulevard, du même côté que la maison Lesage.

    Cette maison de 1915, signée Durand, porte le nom d'Antonio Barrette, futur premier ministre du Québec. Wikipédia la dit bâtie « pour Antonio Barrette ». La fiche de la Ville donne sa date de naissance : le 26 mai 1899. Qu'en déduisez-vous ?

    Un coup de pouce

    Soustrayez. Puis relisez la fiche pour voir si elle prétend, elle, qu'il l'a fait bâtir.

  6. Étape 6 · Devant la sculpture « Hommage au soleil »

    Continuez sur le boulevard Manseau vers le sud-ouest, environ trois cents mètres, jusqu'à la grande sculpture de pierre au coin de la rue Beaudry Nord.

    La Ville cite la sculptrice, Ethel Rosenfield : en 1966, au symposium de Joliette, épuisée, elle s'arrête de travailler sur cette pièce de neuf pieds ; à son retour, une rose rouge est posée sur la sculpture, et elle apprend plus tard qu'elle venait de Paul-Émile Borduas. La même page compte Borduas parmi les six artistes du symposium. Qu'est-ce qui cloche ?

    Un coup de pouce

    Cherchez les dates de Borduas, le peintre du Refus global.

  7. Étape 7 · Au parc Antonio-Barrette, devant le buste

    Prenez la rue Beaudry Sud, environ deux cent cinquante mètres, jusqu'au parc au coin de la rue De Lanaudière.

    Lisez l'inscription du monument : député de Joliette de 1936 à 1960, ministre du Travail de 1944 à 1960, premier ministre du Québec en 1960, ambassadeur en Grèce de 1963 à 1966. Il a été premier ministre de janvier à juillet 1960. Si vous deviez ne garder qu'un titre sous ce buste, lequel ? Et lequel les passants retiennent-ils, d'après vous ?

    Un coup de pouce

    Comparez seize ans au ministère du Travail et six mois à la tête du gouvernement. Un titre se choisit pour ce qu'il dit à celui qui passe, pas pour sa durée.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. Antonio Barrette succède en janvier 1960 à Paul Sauvé, mort subitement. Combien de temps Sauvé avait-il gouverné ?

  2. 2. D'où était originaire Marie Schwerer, la sculptrice épouse d'Alphonse Durand ?

  3. 3. En 1915, l'année de la maison qui porte son nom, que faisait Antonio Barrette ?

Le mot de la fin

Résumez en une phrase le piège commun aux maisons Pouliot, Fontaine et Barrette.

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.