Pascal Persillier dit Lachapelle, qui a racheté les moulins aux Sulpiciens en 1837, et tous les ouvriers et ouvrières qui ont travaillé sur ce mur de pierre après lui
Trois cents ans de courant
Un même courant d'eau a fait des planches, de la farine, de la laine cardée, des clous, du carton et des talons de chaussures. À chaque fois, quelqu'un a trouvé une meilleure idée que la précédente, et la digue a tout gardé en mémoire.
9 à 12 ans · 1 heure · Environ 500 mètres à pied, à plat, de la maison du Meunier au bout de la digue et retour. Poussette possible. · départ : devant la maison du Meunier, 10897, rue du Pont, Montréal
5 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.
Une enquête courte, dehors et sans rien payer, sur la digue des moulins du parc-nature de l'Île-de-la-Visitation, ouvert de 7 h à 22 h toute l'année. Le courant est fort sous les grilles et le long des vestiges : on ne passe jamais par-dessus un garde-corps, on ne descend pas vers l'eau, et l'on regarde les vieilles machines d'en haut. En hiver, la digue peut être glissante. Aux arrêts 3 et 7, on compte et on imagine, sans réponse écrite d'avance.
Étape 1 · Devant la maison du Meunier
En 1749, le meunier d'ici explique à un visiteur une règle qui l'étonne : sur toute l'île de Montréal, aucun fermier ne peut construire un moulin pour lui-même, même s'il habite très loin. Il doit faire moudre son blé ici, et laisser une part de sa farine. À qui appartenait ce droit, et pourquoi le gardait-on si bien ?
Un coup de pouce
Adulte : rappelez qui a fait bâtir l'église et le fort du village, et à qui appartenait toute l'île.
Étape 2 · Au début de la digue
Avance de quelques pas sur le long chemin de pierre qui part de la maison vers l'île.
Construire une digue en travers d'un bras de rivière coûtait très cher. Il existait des moulins bien moins coûteux, qui tournaient grâce au vent. Pourquoi les Sulpiciens ont-ils quand même choisi l'eau ?
Un coup de pouce
Adulte : demandez ce qui arrive à un moulin à vent un jour sans vent.
Étape 3 · Sur la digue, au-dessus des ouvertures du sol
Continue sur la digue en regardant le sol : certains morceaux sont ajourés, comme des grilles.
Ces ouvertures laissent voir les anciens canaux qui menaient l'eau aux machines. Compte combien de canaux différents tu repères en marchant jusqu'au milieu de la digue, en écoutant aussi le bruit de l'eau. Le bruit est-il le même partout ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Adulte : arrêtez-vous au-dessus de chaque grille et fermez les yeux un instant pour comparer les bruits.
Étape 4 · Au milieu de la digue
Reste au milieu de la digue.
En 1838, juste après une révolte contre le gouvernement anglais, des officiers de l'armée britannique viennent inspecter les moulins. Le nouveau propriétaire y fait tourner une machine qui découpe des plaques de fer en petites tiges. Son père, qui a bâti le seul pont de bois de l'île, est connu pour soutenir les rebelles. Que soupçonnaient les soldats ?
Un coup de pouce
Adulte : demandez ce qu'une armée cherche en premier chez quelqu'un qu'elle soupçonne de préparer une révolte.
Étape 5 · Sur la digue, côté où l'eau coule fort
Approche-toi du garde-corps, du côté où l'eau fait de l'écume, sans te pencher.
Au temps des moulins à papier, les grandes roues de bois ont été remplacées par des turbines d'acier, entièrement plongées dans l'eau. Elles donnaient bien plus de force que les roues, mais elles avaient un gros défaut l'hiver. Lequel ?
Un coup de pouce
Adulte : demandez ce qui arrive, par grand froid, à une chose mouillée qui reste dehors.
Étape 6 · Sur la digue, vers l'île
Avance encore vers l'île.
À partir de 1906, les moulins de la digue fabriquent du papier et du carton « sans bois ». Pas un seul arbre n'entrait dans l'usine. Avec quoi faisait-on alors ce carton, et pourquoi la grande ville voisine en fournissait-elle autant qu'on voulait ?
Un coup de pouce
Adulte : demandez ce qu'on jette quand un chandail est trop usé pour être porté.
Étape 7 · Devant un pan de mur percé d'une fenêtre
Sur le chemin du retour, cherche un vieux pan de mur, en pierre ou en béton, percé d'une ouverture, et regarde à travers.
Ce mur appartenait à l'une des usines qui couvraient autrefois toute la longueur de la digue. Regarde par l'ouverture et imagine l'atelier il y a cent ans : qu'est-ce qu'on y entendait, qu'est-ce qu'on y sentait ? Décris-le en trois mots à l'adulte.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Adulte : pensez aux maillets qui frappaient la laine, aux roues, au grondement des turbines et à la pâte à carton.
Le quiz, pour finir assis quelque part
1. Pendant la Seconde Guerre mondiale, qui est entré pour la première fois travailler dans les ateliers de l'usine de la digue ?
2. Qui a obtenu le premier, en 1923, le droit de bâtir une centrale électrique sur la rivière des Prairies ?
3. En 1749, de quels arbres étaient faites les grandes roues des moulins, et pourquoi ?
Le mot de la fin
Relis ton carnet et range dans l'ordre tout ce que la digue a fabriqué. Puis invente ce qu'elle pourrait produire dans cent ans.
Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.
D'où viennent les réponses
- Les moulins de l'Île de la Visitation, Société d'histoire d'Ahuntsic-Cartierville, Musée virtuel du Canada
- Centrale de la Rivière-des-Prairies, Wikipédia
- Barrage Simon-Sicard, Commission de toponymie du Québec
- Parc-nature de l'Île-de-la-Visitation, Ville de Montréal
Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.