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Les habitants de Stavelot pendant l'offensive des Ardennes, la colonne blindée allemande qui a traversé la ville et les soldats américains qui l'ont tenue

Un pont, une plaque et des chiffres qui ne s'accordent pas

Une place qui porte une date, un pont dont tout dépendait, une plaque de 1945 qui nomme un maréchal, trois comptes des morts qui diffèrent, et un cœur peint en deux drapeaux.

Pour les grands · 1 heure · Trois cents mètres en tout : la place du 18 Décembre 1944 au bout du pont, puis deux cents mètres le long du chemin du Château, une route où l'on marche en file indienne sur le bord. · départ : sur la terrasse de la place du 18 Décembre 1944, au bout du pont sur l'Amblève, B-4970 Stavelot

4 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 6

Six arrêts dehors, gratuits, en toute saison. Le sujet est grave : les combats de décembre 1944 et les civils tués à Stavelot et autour. Ce parcours ne cherche pas l'anecdote ; il apprend à lire un monument, et à voir que les chiffres d'une tragédie varient selon qui compte, quand et sur quel territoire. Pour les deux cents mètres du chemin du Château, gilet clair ou fluo pour chacun, en file indienne, face aux voitures, et aucune lecture en marchant : on lit à l'arrêt, en retrait de la chaussée. La place elle-même a des bancs et une terrasse fermée par un garde-corps. Deux arrêts sont laissés au jugement de chacun.

  1. Étape 1 · Sur la terrasse de la place du 18 Décembre 1944

    La place où vous êtes porte une date. Le 16 décembre 1944, l'armée allemande lance une offensive dans les Ardennes. Une colonne blindée de la 1re division SS, commandée par Joachim Peiper, arrive le 17 au soir sur les hauteurs qui dominent cette rive de l'Amblève, celle où vous êtes, face à la ville. Que se passe-t-il ici, le matin du 18 décembre ?

    Un coup de pouce

    Regardez à côté de vous l'ouvrage par lequel il fallait forcément passer pour aller de cette rive vers le centre.

  2. Étape 2 · Toujours sur la terrasse, face au pont

    Restez face aux arches du pont.

    Peiper file vers l'ouest en laissant derrière lui ce pont. Dans les jours qui suivent, les Américains reprennent Stavelot. Pourquoi ce pont, une fois franchi, devient-il plus important encore pour la colonne allemande qu'avant ?

    Un coup de pouce

    Pensez à ce qu'un char consomme, et à la route par laquelle arrivent les camions-citernes.

  3. Étape 3 · Devant la plaque de bronze de la place

    Cherchez, au pied d'un muret de la place, une plaque de bronze à lettres en relief, posée au ras des pavés.

    Lisez la plaque en entier. Elle a été posée le 16 septembre 1945 par une grande ville belge, qui se dit marraine de Stavelot. Elle rend hommage à des habitants, et elle donne leur nombre. Combien ?

    Un coup de pouce

    Le nombre est dans les dernières lignes, juste avant le mot « fusillés ».

  4. Étape 4 · Toujours devant la plaque

    Restez devant la plaque, carnet en main.

    Trois textes, trois comptes. La plaque de 1945 donne le nombre que vous venez de lire, celui des fusillés de la ville. L'article de Wikipédia sur Stavelot dit que la colonne a tué plus de 130 civils à Stavelot et dans ses alentours, entre le 18 et le 20 décembre. L'article sur Peiper dit que son groupe est responsable de la mort de 111 civils en tout, sur l'ensemble de son parcours. Ce dernier chiffre est plus petit que les deux autres, alors qu'il couvre un territoire plus grand. Quelles explications voyez-vous ?

    Un coup de pouce

    Comparez ce que chaque texte compte exactement : des fusillés ou des civils tués, la ville ou ses environs, trois jours ou plusieurs semaines, et qui pouvait être reconnu coupable de quoi devant un tribunal.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  5. Étape 5 · Toujours devant la plaque

    Relisez les premières lignes.

    La plaque parle des « hordes nazies de von Runstedt », avec une faute dans le nom. Gerd von Rundstedt était le maréchal qui commandait alors le front de l'Ouest. Pourtant, selon Wikipédia, il n'a jamais été nazi et son rôle dans cette offensive fut réduit. Pourquoi la plaque de 1945 met-elle son nom, et pas celui de l'officier dont les hommes sont passés ici ?

    Un coup de pouce

    Demandez-vous comment on nommait la bataille dans les journaux de l'époque, et à quelle date les noms des exécutants ont été établis.

  6. Étape 6 · Devant la plaque des soldats américains

    Enfilez les gilets. Prenez le chemin du Château, qui s'éloigne du pont, en file indienne sur le bord, face aux voitures, sur deux cents mètres environ. La plaque est sur une pierre brune, au milieu d'une petite pelouse au bord de la route. Arrêtez-vous en retrait de la chaussée avant de lire.

    Cette plaque en forme de bouclier porte des noms de soldats américains tués le 18 décembre 1944, d'un bataillon de chasseurs de chars et d'un bataillon du génie. Au bas, un cœur est peint moitié aux couleurs d'un pays, moitié aux couleurs d'un autre. Lisez les noms un par un, à voix basse. Qu'aimeriez-vous savoir de ces hommes que la plaque ne dit pas ?

    Un coup de pouce

    Adulte : il n'y a rien à trouver ici. La question est de savoir ce qu'un monument choisit de taire : l'âge, la ville d'origine, les circonstances.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. La veille d'arriver devant Stavelot, le 17 décembre, la colonne de Peiper avait déjà massacré des prisonniers américains à un carrefour. Lequel ?

  2. 2. Pourquoi la colonne a-t-elle mis trente-six heures pour aller de l'Eifel à Stavelot, un trajet qui en avait demandé neuf en 1940 ?

  3. 3. Où s'arrête finalement l'avance de la colonne Peiper ?

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.