Aller au contenu
La lettre du jeudiun mail, le jeudi, rien d'autreLa lettre du jeudiun mail, le jeudi, rien d'autreLa lettre du jeudiun mail, le jeudi, rien d'autre
refrain.
← Tous les jeux de piste

Un vicomte, des chanoines, deux rois, des échevins, un président de tribunal et cinq cents électeurs, qui se sont disputé la ville pendant huit siècles

Qui juge ici ?

Un donjon contre une église, un contrat signé avec l'homme le plus redouté du royaume, un blason coupé en deux, un tribunal qui a duré plus de quatre siècles, un juge qui donnait raison à une voleuse, et une mairie votée contre l'avis du maire.

Pour les grands · 1 heure 30 · 800 mètres, de la tour du Plô à l'hôtel de ville, par la place Attane, la place du Moustier et la rue Victor-Hugo, en légère descente. · départ : rue de la Tour du Plô, devant le numéro 7, au pied de la tour, Saint-Yrieix-la-Perche

5 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 7

Un parcours gratuit, dehors, toute l'année, sans rien à visiter à l'intérieur. Il suit une seule question à travers huit siècles : qui a le droit de juger et de décider, dans cette ville ? Les réponses changent de main à chaque étape, et le parcours finit par deux histoires de la fin du XIXe siècle, où ce sont les habitants et un juge qui tranchent contre l'usage. Le centre ancien est fait de ruelles pavées où passent quelques voitures, et le boulevard de l'Hôtel-de-Ville est une vraie rue : on lit les énigmes arrêté, sur le trottoir. Deux étapes n'ont pas de bonne réponse, parce que les sources elles-mêmes ne s'accordent pas, ou parce que la question est un jugement.

  1. Étape 1 · Au pied de la tour du Plô

    Ce donjon du XIIe siècle est celui des vicomtes de Limoges. À son pied s'étendait une cour ovale, où le prévôt du vicomte exerçait la haute justice, et le rez-de-chaussée servait de prison. Voisin immédiat : l'église d'un chapitre de chanoines, qui dépendait directement de Rome et non de l'évêque de Limoges. Que signifie, pour une ville, cette tour plantée à quelques mètres de l'église ?

    Un coup de pouce

    Comparez les deux maîtres des lieux, et demandez-vous lequel aurait voulu faire construire si près de l'autre.

  2. Étape 2 · Place Attane, devant la collégiale

    Rejoignez la grande place pavée, à quelques pas, face au clocher.

    En août 1307, le chapitre signe avec le roi un contrat de paréage : la justice sera rendue par des officiers choisis ensemble par le roi et par les chanoines. Le blason de la ville en garde la trace, partagé en deux. D'un côté, le symbole du roi de France. De l'autre, celui de l'autorité d'un évêque ou d'un abbé, qu'on tient à la main. Quels sont ces deux symboles ?

    Un coup de pouce

    Le second objet est un bâton recourbé en haut, comme celui d'un berger.

  3. Étape 3 · Place Attane

    Ce tribunal partagé de 1307, dit « de commun pariage », a duré jusqu'à ce qu'un édit de Louis XV installe à Saint-Yrieix une sénéchaussée, un tribunal royal, et le supprime du même coup. Mais en quelle année ? Wikipédia, dans le même article, écrit 1750 à un endroit et 1749 à un autre. Comment deux dates aussi proches peuvent-elles coexister sans qu'aucune soit fausse ?

    Un coup de pouce

    Pensez à tout ce qui sépare la décision d'un roi de son application dans une petite ville : la signature, l'enregistrement, l'arrivée des juges.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  4. Étape 4 · Devant l'hôtel de la Morélie, place du Moustier

    Contournez la collégiale jusqu'à la petite place du Moustier, au sud, et arrêtez-vous devant la maison à arcades et à la statue d'angle.

    En 1561, cette maison s'ouvre au culte réformé, en pleine montée des guerres de Religion. Le 25 juin 1569, elle accueille un prince de quinze ans, en route pour une bataille livrée tout près, à La Roche-l'Abeille. Dans une maison protestante, quel prince attend-on, et dans quel camp se bat-il ?

    Un coup de pouce

    Il deviendra roi de France vingt ans plus tard, et signera l'édit de Nantes.

  5. Étape 5 · Place du Président-Magnaud

    Remontez vers l'est par la rue Victor-Hugo jusqu'à la place du Président-Magnaud.

    À l'angle de cette place et de la rue Victor-Hugo se tenait le couvent des Récollets, où le conseil de la commune s'est réuni en 1790, faute de maison de ville. La place porte aujourd'hui le nom d'un magistrat mort à Saint-Yrieix en 1926. Le 4 mars 1898, président du tribunal de Château-Thierry, il relaxe une jeune mère qui avait volé du pain parce qu'elle n'avait rien mangé depuis trente-six heures. Il fait aussi un geste envers le boulanger. Lequel ?

    Un coup de pouce

    Le boulanger avait perdu quelque chose dans l'affaire. Qui pouvait le lui rendre, sans condamner la voleuse ?

  6. Étape 6 · Place du Président-Magnaud

    La cour d'appel d'Amiens confirme la relaxe en avril 1898, mais elle censure le raisonnement du juge : il avait invoqué l'« état de nécessité », que la loi ne connaissait pas. La cour retient seulement que la prévenue n'avait pas l'intention de voler. Qui avait raison, le juge ou la cour ?

    Un coup de pouce

    Distinguez deux questions : ce que disait la loi en 1898, et ce qu'elle aurait dû dire. La loi a fini par trancher, mais près d'un siècle plus tard.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  7. Étape 7 · Devant l'hôtel de ville

    Descendez par le boulevard de l'Hôtel-de-Ville, sur le trottoir, jusqu'à la mairie en granit rose.

    En 1897, la ville veut reconstruire sa mairie, et personne ne s'accorde sur l'endroit. Une pétition de 481 électeurs réclame le pré Boussaud, ici. Le maire seul s'y oppose. Mis aux voix devant un demi-millier d'électeurs, le projet est adopté, raconte la ville, « à l'unanimité (à 7 ou 8 voix près) ». Qu'y a-t-il d'étrange dans cette unanimité ?

    Un coup de pouce

    Cherchez la définition exacte du mot « unanimité ».

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. Qui a signé, pour le roi, le contrat de paréage de 1307 avec les chanoines ?

  2. 2. Que montrent les deux moitiés du blason de la ville ?

  3. 3. Quel geste le juge Magnaud a-t-il eu envers le boulanger volé ?

  4. 4. En quelle année le code pénal a-t-il reconnu l'« état de nécessité » invoqué par Magnaud ?

Le mot de la fin

Faites le compte de ceux qui ont tenu la ville dans ce parcours, du vicomte aux électeurs de 1897. Lequel a laissé le plus de traces visibles dans la rue ?

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.