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Eugène Poitoux et les bâtisseurs des boulevards

Quand la ville est sortie de ses murs

En 1830, la municipalité demande au ministère de la Guerre le droit d'abattre ses propres remparts. Refus en 1836, accord en 1842. Ce qui a poussé ensuite sur l'emplacement des murs tient en une heure et demie de marche.

Pour les grands · 1 h 30 · environ 1,2 km, à plat, de la gare à la place de la Liberté par les boulevards Bancel et Général de Gaulle. Tout se joue sur le trottoir, sans billet et sans saison. Aucun des intérieurs n'est en visite libre : le palais de justice, l'ancien palais consulaire et le Théâtre de la Ville ne s'ouvrent qu'à l'occasion d'une audience, d'un spectacle ou d'une visite organisée. · départ : le parvis de la gare de Valence, rue Denis Papin

3 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 3 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 6

Valence a passé des siècles enfermée dans ses murs. Au début du XIXe siècle, l'activité se déplace dans les faubourgs et la ville étouffe : en 1830, la municipalité demande au ministère de la Guerre de lui retirer son statut de place de guerre, afin de pouvoir détruire ses fortifications. La demande est rejetée en 1836, puis acceptée en 1842. Les remparts cèdent la place à des boulevards, et le quartier de la gare est conçu d'un bloc dans la seconde moitié du siècle. Cette promenade lit ce que la ville s'est offert une fois libérée : une gare habillée en morceau de Versailles, une fontaine gardée par des lions, un grand magasin bâti deux fois, un tribunal posé sur un couvent, un palais Art déco et un théâtre construit pour un public en uniforme. Tout se voit de la rue : n'organisez pas la sortie autour d'une porte qui s'ouvre.

  1. Étape 1 · Le bâtiment des voyageurs

    Deux architectures se tournent le dos ici. Derrière vous, la halle métallique, pure architecture d'ingénieurs. Devant vous, le bâtiment des voyageurs, qui ne doit rien à l'industrie : un corps central flanqué de deux ailes en retrait, repris des principaux motifs d'un édifice royal de Versailles. Lequel ?

    Un coup de pouce

    Ce n'est ni le château ni le Petit. Cherchez du côté du bâtiment bas et long que Louis XIV s'était fait construire à l'écart de sa propre cour.

  2. Étape 2 · La fontaine monumentale

    Remontez vers le nord jusqu'aux boulevards, environ 400 mètres, et rejoignez le rond-point de la fontaine.

    L'eau tombe des vasques hautes dans les vasques basses en passant par des têtes sculptées. Faites le tour complet, comptez-les, puis refaites le tour en sens inverse et comptez encore. Notez vos deux résultats, même s'ils diffèrent, et dites lequel vous défendriez.

    Un coup de pouce

    Une tête à demi masquée par un jet d'eau compte-t-elle ? Décidez de la règle avant de compter, pas après : c'est là que les deux tours divergent.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  3. Étape 3 · Les Nouvelles Galeries

    Suivez les boulevards vers l'est sur une centaine de mètres, jusqu'au grand immeuble de commerce.

    Ce bâtiment a été construit en deux fois, à quinze ans d'écart, et l'on a tout fait pour que cela ne se voie pas. Comparez la partie sud et la partie nord : relevez trois motifs qui se répondent d'une partie à l'autre, puis un détail qui trahit malgré tout deux chantiers.

    Un coup de pouce

    Regardez la hauteur des étages, le rythme des travées, le dessin des garde-corps et la taille des baies. Une reprise se cache dans le décor et se dénonce dans les proportions.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  4. Étape 4 · Le palais de justice

    Quittez les boulevards et remontez vers la ville ancienne, environ 250 mètres, jusqu'à la place du Palais de Justice.

    La façade principale, au nord, date de 1861, et cette année-là on a fermé des arcades jusque-là ouvertes. Cherchez sur le mur ce qui pourrait en témoigner : un rythme de baies trop régulier, une courbe qui se devine, une reprise de pierre. Écrivez ce que vous voyez, puis écrivez ce que vous n'avez pas trouvé.

    Un coup de pouce

    Une arcade bouchée laisse presque toujours sa courbe quelque part. Reculez jusqu'au bord de la place et regardez le rez-de-chaussée en lumière rasante, en fin de journée de préférence.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  5. Étape 5 · L'ancien palais consulaire

    Tournez-vous simplement : il est sur la même place, face au tribunal.

    Le bâtiment a les angles coupés, et dans chaque angle coupé se tient une colonne dont le fût est creusé de rainures verticales. Comment s'appellent ces rainures, et comment dit-on d'une colonne qui en porte ?

    Un coup de pouce

    Le mot est le même que pour le carton ondulé d'un colis. Vocabulaire classique, glissé ici dans un bâtiment des années 1920.

  6. Étape 6 · Le Théâtre de la Ville

    Remontez vers le nord sur environ 200 mètres, jusqu'à la place de la Liberté.

    En 1827, Valence entreprend pour la première fois la construction d'un théâtre, et le chantier durera dix ans. La raison qu'en donne la Ville ne tient ni aux artistes ni aux notables : elle tient à une population nombreuse, de passage, et qui s'ennuyait ferme. Laquelle ?

    Un coup de pouce

    Souvenez-vous de ce que la ville demandera au ministère de la Guerre trois ans plus tard. Elle voulait perdre son statut de place forte, certainement pas ses régiments ni ce qu'ils dépensaient.

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. Combien de temps s'est-il écoulé entre la demande de la Ville et l'autorisation d'abattre les remparts ?

  2. 2. Qu'est-ce qu'un mascaron, sur une fontaine ?

  3. 3. Le Palais consulaire, inauguré en 1927, superpose deux vocabulaires décoratifs. Lesquels ?

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.