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La lettre du jeudiun mail, le jeudi, rien d'autreLa lettre du jeudiun mail, le jeudi, rien d'autreLa lettre du jeudiun mail, le jeudi, rien d'autre
refrain.
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Hector Guimard, architecte, qui a bâti quatre fois dans la même rue sans jamais s'y répéter

Le trottoir d'en face

Quatre bâtiments d'un même homme alignés sur un kilomètre, une ferronnerie qui ne se répète pas une seule fois, et une méthode de lecture qui tient en une phrase : reculez, mais pas sur la chaussée.

Pour les grands · 1 h 45, dont beaucoup de temps immobile, le nez en l'air · 1,2 kilomètre à plat, sur des trottoirs de quartier résidentiel. Toute l'observation se fait à l'arrêt, depuis le trottoir opposé. Quatre traversées, rue Jean-de-La-Fontaine et avenue Mozart, aux passages protégés : on ne recule jamais sur la chaussée pour faire tenir une façade dans le cadre, c'est la première cause d'accident de ce genre de promenade. · départ : devant le portail du 14 rue Jean-de-La-Fontaine, 75016 Paris

4 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 6

Un parcours d'adultes sur un style qu'on a d'abord trouvé grotesque et qu'on met aujourd'hui sur les cartes postales. Les stations Jasmin, ligne 9, et Michel-Ange-Auteuil, lignes 9 et 10, encadrent le trajet à moins de quatre cents mètres. Tout est gratuit, visible de la rue et ouvert toute l'année : rien ne se visite ici, aucune étape ne franchit une porte et aucune ne dépend d'un horaire. Une seule saison a sa préférence, et c'est l'hiver : les arbres du quartier cachent la moitié des étages supérieurs de mai à octobre. Les vieux guides appellent la rue de départ rue La Fontaine, sans le prénom : c'est bien la même, elle a seulement gagné trois mots depuis.

  1. Étape 1 · Sur le trottoir opposé au 14 rue Jean-de-La-Fontaine

    Cette façade a fait rire la ville entière à son achèvement, en 1898, et elle a reçu la même année une récompense officielle. Qui l'a donnée : un cercle d'artistes, la Ville de Paris, ou la propriétaire elle-même pour se venger des moqueries ?

    Un coup de pouce

    Demandez-vous laquelle des trois propositions pouvait avoir intérêt, à ce moment-là, à encourager les propriétaires à dépenser davantage pour ce qui se voit de la rue.

  2. Étape 2 · Devant le portail de fer du 14

    Traversez au passage protégé le plus proche et placez-vous à deux mètres de la grille, sans bloquer l'entrée.

    Choisissez une seule tige de fer et suivez-la des yeux du bas jusqu'à son extrémité, sans la perdre une seule fois. Comptez ses changements de sens. Puis cherchez, sur tout le portail, deux motifs rigoureusement identiques, et dites au bout de combien de temps vous abandonnez.

    Un coup de pouce

    Comparez d'abord les deux moitiés du portail de part et d'autre de l'axe : c'est là qu'une symétrie serait la plus facile, donc là que son absence se remarque le plus vite.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  3. Étape 3 · À l'entrée de la rue Agar

    Remontez la rue Jean-de-La-Fontaine vers le nord sur deux cents mètres. La rue Agar s'ouvre sur la gauche, bordée d'immeubles qui se ressemblent beaucoup.

    Cette voie a été percée pour l'opération immobilière qui l'a bordée, entre 1909 et 1912. On peut s'en assurer sans consulter la moindre archive, rien qu'en marchant d'un bout à l'autre. Quel indice le prouve ?

    Un coup de pouce

    Regardez les lignes de corniche et les hauteurs d'allège d'un bout à l'autre de la voie. Une rue ouverte progressivement les fait toujours sauter d'au moins un demi-étage quelque part.

  4. Étape 4 · Sur le trottoir opposé au 60 rue Jean-de-La-Fontaine

    Poursuivez vers le nord sur trois cents mètres, puis traversez au passage protégé pour vous placer en face.

    Les trois bâtiments précédents étaient faits pour être loués par appartements. Celui-ci a été bâti pour une seule famille. Trouvez sur la façade les deux indices qui le disent, avant même qu'on vous raconte quoi que ce soit.

    Un coup de pouce

    Comptez les boîtes aux lettres visibles et les sonnettes, puis regardez si le deuxième étage a la même grammaire de fenêtres que le troisième.

  5. Étape 5 · Sur le trottoir, à mi-chemin entre les deux dernières étapes

    Redescendez de cent mètres et arrêtez-vous à un endroit d'où vous apercevez au moins deux des façades de la journée.

    Faites deux colonnes sur le carnet : ce qui a vieilli de la même façon sur les deux façades, et ce qui a vieilli différemment. Comptez les éléments dans chaque colonne, puis cherchez lequel des matériaux relevés tout à l'heure se retrouve dans la première colonne.

    Un coup de pouce

    Regardez d'abord les parties qui reçoivent l'eau de pluie : appuis de fenêtre, corniches, bas de façade. Le vieillissement s'y lit à dix mètres, alors qu'il faut des jumelles ailleurs.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  6. Étape 6 · Devant le 122 avenue Mozart

    Rejoignez l'avenue Mozart en remontant vers le nord-est, sur quatre cents mètres environ, et traversez au passage protégé.

    Ici, l'architecte a bâti pour lui-même et pour sa femme, entre 1909 et 1912. Il en a profité pour dessiner tout ce qui se trouvait dedans. Jusqu'où est-il allé : jusqu'aux meubles, jusqu'aux poignées de porte, ou jusqu'aux assiettes et aux couverts de la table ?

    Un coup de pouce

    L'idée qui commande tout ce style est qu'une maison forme un seul objet. Demandez-vous, sur cette base, à quel moment un architecte cohérent accepterait de s'arrêter.

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. Pour les grands : que reste-t-il du grand édicule de métro que cet architecte avait bâti place de la Bastille ?

  2. 2. Pour les grands : qui a commandé et financé le bâtiment du départ ?

  3. 3. Pour les grands : combien de logements le bâtiment du départ contient-il ?

Le mot de la fin

Avant de rentrer : désignez sur le carnet, chacun de votre côté, la façade de la journée que vous auriez trouvée la plus choquante en 1900, et celle que vous trouvez la plus ordinaire aujourd'hui. Comparez, et cherchez pourquoi ce n'est pas la même.

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.