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Louis-Antoine Dessaulles, seigneur de Saint-Hyacinthe, maire, journaliste, ennemi juré des évêques, et la famille qui lui avait légué la seigneurie

Le seigneur qui a tout misé

Un fondateur dont on ne sait plus très bien qui il a épousé, un héritage qui saute une branche de la famille, une mère qui cache des fugitifs en 1837, une vente aux enchères tombée le pire jour possible, et une lettre écrite en mer qui finit par un détail ménager.

Pour les grands · 1 heure 15 · 1,4 kilomètre environ, à plat : du monument Delorme au parc Casimir-Dessaulles, puis la rue Girouard Est jusqu'à l'ancien séminaire. · départ : devant le monument Delorme, au coin de la rue Dessaulles et de l'avenue Sainte-Marie, Saint-Hyacinthe

4 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 6

Un parcours pour adultes, sur une famille de seigneurs qui a possédé Saint-Hyacinthe pendant un siècle, et surtout sur son membre le plus brillant et le plus malheureux. Il s'appuie avant tout sur les grandes biographies universitaires de la famille, recoupées avec les pages d'histoire de la Ville. Tout est gratuit et se fait dehors ; l'ancien séminaire est aujourd'hui une école secondaire, on n'y entre pas. Deux arrêts sur six n'ont pas de bonne réponse écrite d'avance.

  1. Étape 1 · Devant le monument Delorme

    Le fondateur, Jacques-Hyacinthe Simon dit Delorme, achète la seigneurie en 1753. Selon une page de la Ville, il remonte la Yamaska en 1757 avec son épouse, Marie-Josephte Jutras. Selon une autre page de la même Ville, c'est sa femme, Marie-Anne Crevier, qui dirige la seigneurie après sa mort, en 1778. Deux noms pour une seule épouse : erreur de la Ville, ou pas ?

    Un coup de pouce

    Cherchez s'il existe, dans la famille, un enfant ou un petit-enfant qui ne peut pas être de la seconde épouse.

  2. Étape 2 · Toujours devant le monument

    Lisez ce que dit le monument. Quelle date retient-il pour le début de l'histoire de la ville, qui le présente, et que choisit-il de taire ? Comparez avec les trois dates possibles : 1748, la concession de la seigneurie à un autre ; 1753, l'achat par Delorme ; 1757, son arrivée sur place.

    Un coup de pouce

    Un monument est un texte comme un autre : il choisit. Demandez-vous qui l'a fait ériger, et pour dire quoi.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  3. Étape 3 · À l'entrée du parc Casimir-Dessaulles

    Suivez la rue Dessaulles vers le sud-ouest, à quelque deux cent cinquante mètres, jusqu'au parc.

    Ici s'élevait le manoir. En 1814, Hyacinthe-Marie Delorme, fils du fondateur, célibataire et sans enfant, sent venir sa mort. Il écarte Debartzch, le petit-fils de son père, et lègue tout à son cousin Jean Dessaulles. Deux ans plus tard, Jean épouse à Montréal une jeune femme dont le frère va bientôt faire trembler le Bas-Canada. Qui est ce frère ?

    Un coup de pouce

    Le nom de famille de la mariée suffit : c'est celui du grand tribun de 1837.

  4. Étape 4 · Dans le parc, sur l'emplacement du manoir

    Entrez dans le parc et cherchez les contours du manoir tracés au sol, que la Ville signale.

    Le fils aîné, Louis-Antoine, hérite d'une seigneurie criblée de dettes, qu'il aggrave en voulant faire fortune dans le bois, la chaux et un chemin de rails en bois tiré par des chevaux. Un mandat de vente aux enchères est émis contre lui, et la seigneurie part quelques jours plus tard pour 32 025 $. Le mandat est daté du 1er juillet 1867. Pourquoi cette date a-t-elle dû lui paraître une insulte ?

    Un coup de pouce

    Que fête-t-on au Canada chaque 1er juillet ? Et depuis quelle année ?

  5. Étape 5 · Devant l'ancien séminaire

    Sortez du parc par la rue Girouard et suivez la rue Girouard Est vers le nord-est, environ un kilomètre.

    Louis-Antoine Dessaulles est entré dès 1825 au collège de Saint-Hyacinthe, l'ancêtre de ce séminaire. Quarante ans plus tard, en 1867, il échange une quarantaine de lettres publiques avec le supérieur du séminaire, qu'il accuse de faire de la politique. Or le fondateur de cette maison, le curé Antoine Girouard, n'était pas un inconnu pour lui. Que lui était-il ?

    Un coup de pouce

    Pensez au baptême, et à celui qui tient l'enfant sur les fonts à côté des parents.

  6. Étape 6 · Toujours devant le séminaire

    En 1875, ruiné, Louis-Antoine ne peut plus cacher qu'il a puisé, pour tenir, dans l'argent qu'il percevait comme greffier. Il fuit aux États-Unis puis s'embarque pour l'Europe, et c'est en mer qu'il écrit à sa femme une longue lettre d'aveu. Selon son biographe, elle se termine par une précision « prosaïque ». Imaginez la dernière phrase d'un homme qui ne reviendra pas, puis lisez l'anecdote.

    Un coup de pouce

    Prosaïque veut dire terre à terre. Pensez à ce que la femme restée seule devra faire le lendemain matin.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. Que se passe-t-il au Canada le jour où l'on émet le mandat de vente de la seigneurie Dessaulles ?

  2. 2. Où Louis-Antoine Dessaulles meurt-il, en 1895 ?

  3. 3. Qui était le curé Antoine Girouard pour Louis-Antoine Dessaulles ?

Le mot de la fin

Le frère cadet, Georges-Casimir, est mort à cent deux ans, maire, sénateur et président de banque, salué par la ville d'une porte monumentale. L'aîné est mort ruiné en exil. Qu'est-ce qui, dans ce que vous avez lu, sépare les deux vies ?

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.