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Louis-Philippe, roi des Français, qui fit d'Eu sa résidence d'été et y reçut la reine Victoria, et le fils aîné dont la statue garde l'entrée

Une reine en visite et un cavalier qui a beaucoup voyagé

Des communs bâtis sur les ruines d'une abbaye, une mairie qui n'en finit pas de déménager, et un prince de bronze qui a connu Paris, puis l'oubli à Versailles, avant d'arriver ici. Le tout tient en six cents mètres, et une reine d'Angleterre en est le prétexte.

Pour les grands · 1 h 15 · Environ 600 mètres à plat : la place Isabelle-d'Orléans, les communs et le théâtre, puis l'allée Victoria et le parc jusqu'à la perspective Guizot. · départ : devant la statue équestre de Ferdinand-Philippe d'Orléans, allée du Cheval, place Isabelle-d'Orléans, Eu

6 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 8

Une promenade gratuite, dehors, autour du château et dans son parc, en accès libre. Le musée Louis-Philippe, payant, ouvert de mi-mars à début novembre, prolonge utilement la visite, mais rien ici n'en dépend. Le parcours lit la place comme un document : qui a démoli quoi, pour mettre quoi à la place. Deux étapes demandent seulement de regarder et de juger par soi-même.

  1. Étape 1 · Devant la statue équestre

    Ce cavalier de bronze est Ferdinand-Philippe, fils aîné de Louis-Philippe et héritier du trône, mort à 31 ans, en 1842, à Neuilly, quand les chevaux de sa calèche se sont emballés. Sa statue a été fondue à deux exemplaires. Ni l'une ni l'autre n'a été faite pour Eu. Celle-ci a été installée d'abord dans un lieu très parisien, en 1845. Lequel, à votre avis, sachant que la révolution de 1848 l'en a aussitôt chassée ?

    Un coup de pouce

    Pensez au plus célèbre des palais royaux de Paris, au bord de la Seine.

  2. Étape 2 · Toujours devant la statue

    Restez où vous êtes.

    Un mémorialiste du temps, Charles de Rémusat, a écrit de ce 13 juillet 1842 qu'il n'était pas fataliste, mais que sans ce jour, la monarchie n'aurait pas péri. Six ans plus tard, Louis-Philippe abdiquait. Que perdait le régime, selon vous, avec ce prince-là, au-delà d'un héritier ?

    Un coup de pouce

    Demandez-vous ce qu'un roi de près de soixante-dix ans attend d'un fils que la foule acclame.

  3. Étape 3 · Devant les communs, côté collégiale

    Tournez le dos au château et regardez les longs bâtiments qui bordent la place, entre la grille et la collégiale.

    Ces communs ont été bâtis pour Louis-Philippe à partir de 1827 par son architecte, Pierre-Léonard Fontaine. Il a fallu de la place : on a acheté, puis démonté, plusieurs maisons. Mais une autre démolition, plus ancienne, avait déjà libéré une bonne part du terrain. Laquelle, sachant que la collégiale voisine était autrefois l'église d'un grand ensemble religieux ?

    Un coup de pouce

    La collégiale était l'église de chanoines qui vivaient tout à côté. Où vivaient-ils, et qu'en reste-t-il ?

  4. Étape 4 · Devant le théâtre du château

    Traversez la place jusqu'au bâtiment du théâtre, de l'autre côté, vers la rue Jean-Duhornay.

    En 1844, le roi agrandit encore ses dépendances de ce côté-ci de la place. Après sa chute, l'ensemble est vendu, et la ville finit par l'acheter, en 1855. Pour y installer quoi ? Un indice : le théâtre devant lequel vous êtes faisait partie du programme, mais pas seul.

    Un coup de pouce

    Quel bâtiment une ville achète-t-elle en premier quand elle a enfin de l'argent et de la place ?

  5. Étape 5 · Toujours devant le théâtre

    Restez devant la façade.

    Ce petit théâtre à l'italienne du milieu du XIXe siècle compte, selon l'office de tourisme, un peu plus de deux cents places. Regardez la façade et ce qu'elle affiche aujourd'hui : quel public vise-t-il, à votre avis, et trouvez-vous sur le bâtiment la trace de son origine royale ?

    Un coup de pouce

    Cherchez les affiches, les plaques, une date ou un monogramme.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  6. Étape 6 · Allée Victoria

    Revenez vers le château et longez sa façade sud par l'allée qui porte le nom de la reine.

    La reine Victoria est venue ici deux fois, en 1843 et en 1845. Pour le roi, c'était un coup diplomatique : une souveraine britannique en visite chez lui, après des décennies d'hostilité entre les deux pays. En 1845, il fait aménager au château une galerie Victoria, ornée de tableaux racontant ces visites. Que reste-t-il de cette galerie ?

    Un coup de pouce

    Pensez à ce qu'un nouveau propriétaire, trente ans plus tard, fait d'une salle à la gloire d'un régime tombé.

  7. Étape 7 · Au point de vue de la perspective Guizot

    Traversez le jardin à la française vers l'ouest, et continuez jusqu'au point de vue tourné vers le château.

    Ce point de vue s'appelle, sur les cartes, la perspective Guizot. François Guizot, ministre de Louis-Philippe, est celui à qui Wikipédia attribue l'expression d'« entente cordiale », employée peu après 1830. Aucune source lue ne dit que la perspective lui doit son nom. Regardez le château d'ici : à quoi sert une perspective dans un parc princier, et trouvez-vous vraisemblable qu'on l'ait dédiée à un ministre ?

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  8. Étape 8 · Toujours au point de vue

    Restez face au château.

    Louis-Philippe s'est vu en héritier des comtes d'Eu. Il a fait restaurer les gisants mutilés de la crypte de la collégiale, et il en a tiré des bustes pour décorer le vestibule du château. Pourquoi un prince qui avait combattu à Valmy pour la Révolution, porté sur le trône par la révolution de 1830, avait-il tant besoin d'ancêtres médiévaux ?

    Un coup de pouce

    Comment l'appelaient les partisans du roi qu'il avait remplacé en 1830 ?

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. Où la statue équestre d'Eu a-t-elle été dressée en premier ?

  2. 2. Qu'a installé la ville, en 1855, dans les bâtiments de 1844 de l'autre côté de la place ?

  3. 3. Qui a fait venir à Eu la statue équestre que l'on voit aujourd'hui ?

  4. 4. Quel événement a condamné la monarchie de Juillet, selon Charles de Rémusat ?

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.