Un jeune homme tout juste sorti du lycée de Nice, venu en 1899 avec son petit frère, et qui deviendra Guillaume Apollinaire
L'été où un futur grand poète a filé sans payer
Un musée unique au monde, une danse qui sautille, un poème dans une langue que personne n'attendait, une enseigne qui fait un clin d'œil et une note jamais réglée.
9 à 12 ans · 1 heure · Cinq cents mètres environ : la cour de l'abbaye, la montée vers la place Saint-Remacle, puis la place du Vinâve et la rue Neuve, pavée et à sens unique. · départ : dans la cour de l'abbaye, devant l'entrée des musées, B-4970 Stavelot
4 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.
Six arrêts dehors, sans entrer au musée Apollinaire, qui est payant et fermé le lundi hors vacances scolaires. Tout se joue dans la rue, en toute saison. La rue Neuve est étroite et pavée, à sens unique : les voitures y roulent lentement, on reste sur le côté. Le numéro 12 est aujourd'hui un restaurant et un hôtel : on regarde la façade depuis le trottoir, sans gêner l'entrée. Deux arrêts demandent à l'enfant de juger lui-même, sans réponse écrite à l'avance.
Étape 1 · Cour de l'abbaye, devant l'entrée des musées
Dans ces bâtiments, un musée est consacré au poète Guillaume Apollinaire, l'un des plus connus de la langue française. Il a écrit des poèmes appris dans toutes les écoles, a vécu à Paris, est mort en 1918. Pourtant, il n'a passé que quelques mois à Stavelot. Combien de musées au monde sont consacrés à lui seul ?
Un coup de pouce
La réponse surprend justement parce que Stavelot est très loin de Paris.
Étape 2 · Place Saint-Remacle, en haut de la place
Sors de la cour par la grande porte, remonte la rue du Châtelet jusqu'à la grande place en pente, et grimpe jusqu'en haut.
Dans un poème écrit plus tard, Apollinaire glisse ce vers : « C'est la maclotte qui sautille ». La maclotte, il l'a découverte ici, en 1899. D'après ce verbe, sautiller, qu'est-ce qu'une maclotte : un plat, une chanson ou une danse ?
Un coup de pouce
Un plat ne bouge pas, une chanson se chante. Lequel des trois peut sautiller ?
Étape 3 · Toujours en haut de la place
Regarde la place d'en haut, avec ses maisons d'ardoise.
Cet été-là, le jeune homme tombe amoureux d'une fille de Stavelot, Maria Dubois. Il lui écrit un poème, Mareye, dans une langue qu'il n'a utilisée pour aucun autre poème de toute sa vie. Ce n'est ni le français, ni l'italien de sa ville natale, ni le polonais de sa mère. Quelle langue ?
Un coup de pouce
En cette langue, la ville se dit Stâvleû. C'est la langue de la région, celle des habitants de 1899.
Étape 4 · Rue Neuve, devant le numéro 12
Rejoins l'église Saint-Sébastien, au clocher à bulbe, tout près de la place, puis la rue Neuve, pavée, qui part en contrebas de l'église vers l'ouest. Le numéro 12 est à une centaine de mètres de l'église.
Cette maison était la pension Constant, où le jeune homme et son frère ont logé l'été 1899. C'est aujourd'hui un hôtel-restaurant. Lis son enseigne. Apollinaire a publié en 1913 un long poème célèbre dont le titre ressemble beaucoup à ce nom. Pourquoi l'hôtel a-t-il choisi cette enseigne ?
Un coup de pouce
Lis l'enseigne à voix haute, puis demande-toi qui pourrait bien être ce mal-aimé.
Étape 5 · Toujours devant le numéro 12
Reste face à la maison.
Un matin d'automne 1899, la pension se réveille et les deux frères ont disparu, sans payer leur note. Ils sont partis en pleine nuit, quand tout le monde dormait : on dit partir « à la cloche de bois ». Imagine la scène et joue-la en silence, à deux : la porte, l'escalier, les valises, la rue. Puis décide : à leur place, aurais-tu fait pareil ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Adulte : précisez que leur mère ne leur avait envoyé que l'argent du train, pas celui de la pension. Ils n'avaient pas de quoi payer.
Étape 6 · Toujours rue Neuve
Assieds-toi un instant sur le côté, avec ton carnet.
Deux pages de Wikipédia ne donnent pas la même date pour ce départ. L'article sur le poète dit le 5 octobre 1899. L'article sur Stavelot dit le 5 novembre 1899. L'article sur le poète dit aussi qu'il a passé ici les trois mois de l'été ; celui sur Stavelot dit seulement « pendant l'été 1899 ». Avec ces indices, laquelle des deux dates te semble la plus probable, et pourquoi ? Que faudrait-il pour en être sûr ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Adulte : comptez trois mois à partir de juillet. Puis demandez quel document de 1899 pourrait trancher : une lettre, un registre, un carnet de la pension.
Le quiz, pour finir assis quelque part
1. Avant de filer, le jeune poète a laissé un cadeau aux fiancés de la pension, Marguerite Constant, la fille de la maison, et Antoine Choque. Lequel ?
2. La note jamais payée a eu une conséquence pour Marguerite Constant et son fiancé. Laquelle ?
3. Sous quel nom les Stavelotains ont-ils connu le jeune homme pendant l'été 1899 ?
Le mot de la fin
Écris un poème de quatre lignes sur Stavelot, en mettant dedans un seul mot inventé, comme Apollinaire glissait dans ses vers des mots wallons.
Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.
D'où viennent les réponses
- Guillaume Apollinaire, Wikipédia
- Stavelot, Wikipédia
- Musée Guillaume Apollinaire, Wikipédia
- La Chanson du mal-aimé, Wikipédia
- Ô Mal Aimé, la maison
- Le cœur historique, office du tourisme de Stavelot
- Horaires, Abbaye de Stavelot
Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.