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François Justin, l'ingénieur de la reconstruction

Le plan de l'ingénieur Justin

Une ville détruite en deux heures un dimanche de Pâques, un souverain qui paie, un ingénieur qui pose sa règle sur une page blanche. Ici, on marche à l'intérieur d'un dessin.

Pour les grands · 1 h 30 · une boucle d'environ 1,5 km dans le centre, à plat, entièrement sur trottoirs, avec trois traversées aux passages piétons. Deux contraintes à connaître avant de partir : la place Charles-Albert fait l'objet d'un réaménagement en cours, et selon l'avancée du chantier une partie peut être fermée ; la salle des tableaux se trouve au premier étage de l'hôtel de ville, dont l'accès est libre et gratuit aux heures d'ouverture des bureaux, du lundi après-midi au samedi matin. Présentez-vous à l'accueil, et renoncez sans insister si une réunion s'y tient : c'est un bâtiment de travail avant d'être un musée. · départ : la place Charles-Albert, au centre de la place

3 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 3 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 6

Le 19 avril 1840, un incendie parti de la maison d'un perruquier détruit presque entièrement Sallanches et emporte tout son passé bâti. Charles-Albert de Savoie-Carignan consacre des crédits exceptionnels à la reconstruction ; l'ingénieur François Justin dessine une ville neuve. Ce qui suit n'est donc pas une vieille ville : c'est une ville d'un seul tenant, pensée d'un coup, puis remplie par morceaux pendant près de trente ans. Le parcours se fait dehors et gratuitement, avec un seul passage à l'intérieur. Prévoyez de noter : c'est un jeu de relevés, et deux d'entre eux se terminent sur une question sans réponse ferme.

  1. Étape 1 · La place Charles-Albert

    Avant toute chose, faites un relevé. Comptez les rues qui débouchent sur cette place, et notez pour chacune si elle part perpendiculairement au bord de la place ou de travers. Puis comptez combien d'entre elles vous laissent voir leur extrémité sans bouger la tête.

    Un coup de pouce

    Une place héritée du Moyen Âge est une clairière laissée par des maisons. Une place dessinée est un vide décidé d'avance : ses bords sont droits, et ce sont les rues qui s'y accrochent, pas l'inverse.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  2. Étape 2 · Ce que le feu a laissé

    Engagez-vous dans une des rues droites et faites deux cents mètres en regardant les rez-de-chaussée.

    Deux formules circulent sur cet incendie. La ville écrit qu'il a détruit presque toute la ville. Les récits publiés pour le centenaire avancent 268 maisons détruites sur 273. Relevez en marchant tout bâti qui, selon vous, ne pourrait pas dater d'après 1840, puis dites laquelle des deux formules votre relevé permet de vérifier.

    Un coup de pouce

    Retournez l'énoncé : combien de maisons d'avant 1840 faudrait-il trouver, et où, pour qu'une de ces deux formules devienne fausse ? Vous verrez vite qu'aucune promenade de deux cents mètres ne peut y arriver.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  3. Étape 3 · Le rythme de la mairie, compté depuis le quai

    Rejoignez les quais et placez-vous en face de la mairie, à bonne distance.

    Relevez le rythme de cette façade : combien de travées, combien d'arcades au rez-de-chaussée, où tombent les pilastres par rapport aux ouvertures. Puis dites où se trouve exactement le centre de symétrie, et vérifiez en comptant de part et d'autre.

    Un coup de pouce

    Le fronton central est la signature du néoclassicisme : il annonce le milieu. Vérifiez qu'il tombe bien au milieu, parce que ce n'est pas toujours le cas.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  4. Étape 4 · La salle des tableaux

    Entrez, demandez à l'accueil, et montez au premier étage si la salle est accessible.

    Deux tableaux de cette salle racontent le même événement par les deux bouts. L'un est une allégorie, c'est-à-dire une idée représentée par une figure humaine : décrivez qui vous y voyez et dans quel état. L'autre est une vue de la ville : dites ce qu'elle montre et à quelle époque elle se situe forcément.

    Un coup de pouce

    Pour l'allégorie, cherchez une figure qui pleure. Pour l'autre tableau, demandez-vous ce qui rend une simple vue de ville irremplaçable : la réponse tient à la date, pas au talent.

  5. Étape 5 · Le plafond du salon

    Passez dans le salon voisin et levez les yeux.

    Le plafond a été peint en 1848 par un artiste piémontais, d'après une oeuvre romaine célèbre. Quel en est le sujet, et de quel peintre s'inspire-t-il ?

    Un coup de pouce

    Le sujet est une figure du petit matin, et le modèle est l'une des fresques les plus copiées d'Europe au dix-septième siècle. Cherchez du côté des peintres bolonais.

  6. Étape 6 · Le bout du chantier, place Grenette

    Ressortez, longez les quais, et poussez jusqu'à la place Grenette.

    Vous marchez sur trois dates : les quais de 1863, la place Saint-Jacques de 1866, la place Grenette de 1868. Cherchez sur ces deux cents mètres ce qui trahit que tout n'a pas été fait la même année, et notez trois indices. Puis dites sur quels espaces le marché hebdomadaire s'installe.

    Un coup de pouce

    Un plan d'ensemble se réalise sur des décennies, et chaque décennie a ses habitudes de chantier : c'est dans les raccords que ça se voit, pas dans les façades. Pour le marché, cherchez au sol et sur les panneaux municipaux.

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. Charles-Albert, qui a payé la reconstruction, était roi de quoi ?

  2. 2. Le plafond du salon d'honneur copie une fresque. Où est l'original ?

  3. 3. Chaque samedi, avant l'ouverture du marché, la ville procède à un tirage au sort. Pour quoi faire ?

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.