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Un juriste de Castelnaudary, fils et petit-fils de magistrats du roi, élu député du tiers état en 1789

Le député qui a écrit un mot de trop

Le 20 juin 1789, dans une salle de jeu de paume de Versailles, un député du Lauragais ajoute un mot à côté de sa signature. Dans sa ville, on cherche encore où il habitait.

Pour les grands · 1 heure 15 · Environ 800 mètres dans la vieille ville, du Présidial à la place de Verdun, par la rue du Collège, la rue Pasteur, la rue Marfan et la rue de la Terrasse. · départ : devant l'ancien Présidial, rampe du Présidial, 11400 Castelnaudary

4 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 6

Une enquête à pied, gratuite, sur un homme et sur la façon dont on raconte un homme. Elle se lit à voix haute, entre adultes ou avec un grand adolescent, et se joue entièrement dans la rue : l'ancien hôtel de ville et l'hôtel de Bataille sont des propriétés qu'on regarde depuis le trottoir. Les rues du centre sont étroites et des voitures y circulent. Deux étapes sur six sont des observations ou des débats, sans solution imposée.

  1. Étape 1 · Devant l'ancien Présidial

    Ici siégeait la sénéchaussée de Lauragais, la juridiction royale du pays. Le père de Joseph Martin-Dauch y était lieutenant principal, comme son propre père avant lui : deux générations d'officiers du roi. En 1789, Joseph, licencié en droit et propriétaire, quarante-huit ans, est élu député du tiers état. Qu'est-ce que ce milieu familial laisse prévoir de sa conduite face à une assemblée qui veut se passer du roi ?

    Un coup de pouce

    Ceux qui rendaient la justice ici le faisaient au nom de qui ?

  2. Étape 2 · Toujours devant le Présidial

    Regardez les fenêtres à meneaux de la façade en pierre de taille.

    Quand ce tribunal a-t-il été créé ? La fiche des monuments historiques dit 1554. La page du musée de la ville dit que les bâtiments ont été « édifiés en 1554 par Catherine de Médicis ». L'article Wikipédia sur le Lauragais dit que Catherine a élevé le pays en sénéchaussée royale en 1556. Deux ans d'écart entre des sources sérieuses : comment l'expliquer sans accuser personne ?

    Un coup de pouce

    Une juridiction peut être créée par un texte une année, installée l'année suivante, et ses murs bâtis ou refaits plus tard encore. De quoi parle chaque source, exactement ?

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  3. Étape 3 · Devant l'ancien hôtel de ville

    Remontez la rampe du Présidial, prenez la rue du Collège puis la rue Pasteur, environ 350 mètres. L'ancien hôtel de ville est une façade de deux étages sur rez-de-chaussée.

    La maison commune où siégeaient les consuls en 1789 était vétuste : la ville l'a rebâtie en 1796, en pleine Révolution, sous le Directoire. Levez les yeux vers les appuis de fenêtres en fer forgé du premier étage, tous identiques. Quel motif occupe leur centre ?

    Un coup de pouce

    Suivez les courbes de fer depuis les bords : elles convergent toutes vers le même dessin.

  4. Étape 4 · Rue Marfan

    Suivez la rue Pasteur quelques mètres, puis tournez dans la rue Marfan.

    Un médecin, le docteur Antoine Marfan, a publié en 1937 des « Figures lauragaises » où il défend une lecture du geste de Martin-Dauch : prêter serment sous réserve de l'accord du roi aurait mené, si le roi refusait, à lui désobéir en bloc. Lisez la plaque de cette rue : dit-elle qui était ce Marfan ? Pouvez-vous affirmer que c'est le même homme ?

    Un coup de pouce

    Une plaque qui ne porte qu'un nom ne prouve rien : un homonyme est toujours possible.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  5. Étape 5 · Devant l'hôtel de Bataille

    Rejoignez la place des Cordeliers par la rue Marfan, puis la rue de la Terrasse. L'hôtel de Bataille est une vaste demeure à un étage, à la longue façade.

    La fiche des monuments historiques de cet hôtel dit : « En 1834, la maison était habitée par Martin Dauch, descendant du député ». L'article Wikipédia sur le député dit qu'il est mort célibataire, en 1801. Où est l'incohérence, et quelle conclusion prudente en tirer ?

    Un coup de pouce

    Relisez le dernier mot de l'article : « célibataire ». Puis cherchez quels parents peuvent porter le même nom.

  6. Étape 6 · Place de Verdun

    Suivez la rue de la Terrasse, puis la Grand'Rue à gauche jusqu'à la place de Verdun, environ 250 mètres. Asseyez-vous si vous trouvez un banc.

    Sous la Terreur, Martin-Dauch est arrêté et emprisonné. Il échappe à la mort, mais comment ? L'article français raconte qu'au greffe de la prison on avait écrit « Martin d'Auch », et que le tribunal a libéré ce Martin venu, croyait-on, de la ville d'Auch. L'article anglais dit qu'il a lui-même donné un faux nom. Peut-on départager les deux versions ici, sur un banc, sans archives ?

    Un coup de pouce

    Distinguez ce que les deux récits ont en commun de ce qui les sépare.

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. Qu'a inscrit Martin-Dauch à côté de son nom, sous le serment du Jeu de paume ?

  2. 2. Selon la fiche de l'hôtel de Bataille, que peut-on affirmer du député et de cette maison ?

  3. 3. L'hôtel de ville de la rue Pasteur a été abandonné pour une mairie neuve : à quelle date ?

Le mot de la fin

Martin-Dauch a été traité de lâche par les uns, de seul homme libre de la salle par les autres. Si vous deviez graver une seule phrase sur une plaque à son nom, dans cette ville, laquelle choisiriez-vous ?

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.