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Un château qui a passé cinq siècles à tomber en ruine, qu'un souverain lointain a voulu vendre en pièces et que la ville a fini par rendre

Le cadeau du roi

Une lettre royale qui trouve bien étrange qu'on aime les vieilles pierres, un cadeau refusé huit jours après avoir été offert, une tour que les livres ne placent pas au même coin, et une confrérie de vignerons qui sauve le tout.

Pour les grands · 1 heure · Environ quatre cents mètres, en montée courte mais raide, de la rue des Rochettes au château par la ruelle du Château, puis le tour des murs par les chemins publics. · départ : à l'arrêt de bus « Boudry, Château », rue des Rochettes, 2017 Boudry, au pied de la colline du château

4 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 6

Une enquête sur la longue et coûteuse histoire d'amour entre une petite ville et son château, que personne ne voulait payer. Tout se fait dehors, depuis les chemins publics, sans entrer. Le château abrite le musée de la vigne et du vin, ouvert l'après-midi du mercredi au dimanche : une visite prolonge bien le jeu, elle n'est pas nécessaire. Prévoir une boussole, ou celle du téléphone. Deux arrêts sur six n'ont pas de bonne réponse écrite.

  1. Étape 1 · Au pied de la colline, en regardant le château

    En 1749, un souverain écrit qu'il trouve « bien étrange que des gens qui se piquent d'esprit » regardent les vieux châteaux de Boudry et de Valangin « comme des monuments respectables ». Il accepte qu'on ne les démolisse pas pour en vendre les matériaux, à condition de ne rien payer pour leur réparation. Neuchâtel n'était pas une république à l'époque : de qui s'agit-il ?

    Un coup de pouce

    Le souverain de Neuchâtel vivait alors à Berlin, et l'histoire l'a surnommé le Grand.

  2. Étape 2 · Dans la ruelle du Château, à mi-pente

    Montez la ruelle du Château vers le haut de la colline, et arrêtez-vous à mi-pente, d'où l'on voit les murs.

    Le roi finit par offrir le château à la ville, gratuitement. Huit jours plus tard, le 16 avril 1751, un pan de façade d'une douzaine de mètres s'effondre sur les jardins voisins, et la ville refuse le cadeau. Elle l'accepte pourtant en 1752. Le cadeau avait une condition, qui explique tout : laquelle ?

    Un coup de pouce

    Demandez-vous ce que l'État ne pouvait pas abandonner dans ce château, même s'il le donnait.

  3. Étape 3 · Devant les murs sud et ouest

    Continuez jusqu'en haut, et longez les murs du château par le chemin public, sans entrer dans la cour.

    Après l'effondrement de 1751, il a fallu rebâtir. Un contrefort, ce gros pilier qui épaule le mur, porte la date de ce chantier, et l'historique du château y signale une inscription et les armoiries de la ville. Cherchez-le, et cherchez aussi, au midi, les fenêtres étroites des anciennes prisons. Qu'apercevez-vous depuis le chemin ?

    Un coup de pouce

    Adulte : la date cherchée suit d'un an la cession de 1752. Le contrefort est à l'angle sud-ouest, entre le logis et la cour : il n'est peut-être pas visible de partout.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  4. Étape 4 · Face à la tour ronde

    Placez-vous d'où vous voyez le mieux la grande tour ronde.

    Louis Favre en 1870 et l'inventaire fédéral des sites construits placent cette tour à l'angle sud-ouest. L'historique du château, s'appuyant sur un rapport de 1751, la met à l'angle nord-ouest. Sortez la boussole et tranchez. Puis demandez-vous comment des auteurs sérieux ont pu se tromper de coin.

    Un coup de pouce

    Adulte : le château a la forme d'une équerre autour d'une cour. Selon le côté d'où l'on regarde et l'orientation qu'on prête au bâtiment, l'erreur se commet facilement.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  5. Étape 5 · Sur l'esplanade, en regardant vers la tour Marfaux

    Tournez-vous vers la tour ronde à l'horloge, plus bas, à l'est. Le terrain entre les deux est devenu promenade publique en 1823.

    En 1821, coup de théâtre : c'est l'État qui demande à reprendre le château. La ville accepte, contre une indemnité de 400 francs. Quelle raison officielle l'État a-t-il donnée, lui qui avait tout fait pour s'en débarrasser ?

    Un coup de pouce

    C'est la même chose qui avait fait accepter le cadeau en 1752, vue cette fois de l'autre côté.

  6. Étape 6 · Devant l'entrée du château

    Revenez vers l'entrée.

    Au début du XXe siècle, le château sert de grange et menace ruine. Une confrérie de vignerons fondée en 1951 le sauve et y ouvre un musée. Lors de la grande rénovation intérieure de 1988 et 1989, on décide de peindre en rouge vif tout ce qu'on ajoute : escaliers de fer, rails, panneaux, conduit de cheminée. Pourquoi ce choix, dans un monument historique ?

    Un coup de pouce

    Pensez à ce qu'on reprochait à la restauration des années 1950, qui avait mis du granit des Alpes au sol et jointoyé les pierres au ciment.

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. Combien de tuiles a-t-il fallu pour couvrir le château, peu après 1450 ?

  2. 2. En 1957, qu'ont déposé dans le puits de la cour les représentants des communes viticoles ?

  3. 3. Selon l'historique du château, quelle part de ses revenus l'État de Neuchâtel tirait-il du commerce des vins, à la fin du XVIIe siècle ?

Le mot de la fin

Un roi voulait le vendre en pierres, une ville l'a pris puis rendu, des vignerons l'ont sauvé. Selon vous, à qui appartient vraiment un monument : à celui qui le possède, à celui qui le paie, ou à celui qui s'en soucie ?

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.