Les résistants dracénois, Hélène Vidal, et les soldats américains de l'été 1944
Le 16 août, à 22 h 30
Une rue au nom d'un résistant tombé un soir d'été, une stèle qui donne l'heure exacte d'une rencontre, une jeune femme qui a évité un bombardement, un homme de bronze assis, et un cimetière dont le nom vient de très loin d'ici.
Pour les grands · 1 h 30, davantage si l'on entre au cimetière · Environ 1 kilomètre, à plat, sur les trottoirs d'avenues passantes, jusqu'au boulevard John-Kennedy. · départ : rue François-Maugeri, Draguignan
5 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.
Une heure et demie dans les quartiers est de la ville, où s'est jouée la libération de Draguignan les 15 et 16 août 1944, juste après le débarquement de Provence. Le parcours se fait sur les trottoirs ; l'avenue Lazare-Carnot est très passante. L'arrivée est à la grille du cimetière militaire américain, géré par une commission du gouvernement des États-Unis : on y entre aux heures d'ouverture affichées à la grille, et c'est un lieu de recueillement, où l'on parle bas. Le parcours suit les sources de près, et deux de ses étapes portent sur ce qu'elles ne disent pas d'accord.
Étape 1 · Rue François-Maugeri
Cette rue honore François Maugeri, un résistant FFI tombé à la libération de la ville, le 16 août 1944. La liste des rues de Wikipédia dit qu'il fut « l'un des trois FFI » tués ce jour-là, et le redit à propos du gendarme René Scheers. L'article Histoire de Draguignan, lui, écrit que « quatre FFI sont tués ». Comment deux comptes honnêtes peuvent-ils différer d'une unité ?
Un coup de pouce
Demandez-vous qui l'on compte : ceux qui meurent le jour même, ceux de la ville, ceux qui ont une rue.
Étape 2 · Devant la stèle de la Libération
Rejoins l'avenue Lazare-Carnot et suis son trottoir vers l'est jusqu'à la stèle dressée au bord de l'avenue, environ 400 mètres en tout.
Lisez la stèle. Elle donne un jour, une heure, et le nom d'une unité américaine. Mais un petit mot, à la fin de la phrase, change tout le sens de ce qui s'est passé : « avec elle ». Pourquoi ce mot compte-t-il, et pour qui a-t-il été choisi ?
Un coup de pouce
Relisez l'heure : que s'est-il passé dans la ville pendant tout ce jour-là, avant l'arrivée des Américains ?
Étape 3 · Toujours devant la stèle
Le même 16 août, une jeune Dracénoise d'environ vingt-cinq ans, Hélène Vidal, se rend auprès des forces américaines installées à La Motte, au sud-est. Elle leur apprend que la ville vient d'être libérée par les FFI. Qu'est-ce que l'armée américaine s'apprêtait à faire, et qu'elle n'a pas fait ?
Un coup de pouce
Pensez à ce qu'une armée fait d'une ville tenue par l'ennemi avant d'y envoyer ses fantassins.
Étape 4 · Devant le monument à la Résistance du Var
Continue vers le nord-est jusqu'à la place de la Paix, environ 250 mètres. Une statue de bronze est posée sur un socle de pierre, au milieu d'un petit jardin.
Ce monument a été inauguré en 1963. Lisez l'inscription gravée sur le socle, puis regardez l'homme de bronze : comment le sculpteur l'a-t-il représenté ? Debout ou assis, triomphant ou épuisé, armé ou non ? Qu'a-t-on voulu dire en choisissant cette attitude plutôt qu'une autre ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Regardez d'abord les mains, puis le visage, puis la position du corps.
Étape 5 · Toujours place de la Paix
Deux textes de la même encyclopédie se contredisent sur la ville. L'article Histoire de Draguignan écrit que « la Résistance est assez vive et plusieurs réseaux s'implantent à Draguignan ». La liste des rues écrit que la ville « n'a pas été une active résistante », et que les nombreux noms de résistants donnés aux rues seraient une façon de compenser. Que faut-il pour trancher, et qu'est-ce que chacun des deux textes mesure ?
Un coup de pouce
Distinguez l'engagement de quelques-uns et l'épreuve subie par tous.
Étape 6 · Devant l'entrée du cimetière américain
Gagne le boulevard John-Kennedy, juste au nord, et suis-le vers l'est jusqu'à l'entrée du cimetière, environ 250 mètres. C'est l'arrivée.
Son nom officiel, en anglais, est « Rhone American Cemetery », le cimetière américain du Rhône. Le Rhône coule pourtant à plus de cent kilomètres d'ici. Pourquoi ce nom ?
Un coup de pouce
Après avoir débarqué en Provence, par quelle vallée une armée remonte-t-elle vers Lyon ?
Étape 7 · Si le cimetière est ouvert : au bord des tombes
Si la grille est ouverte, entrez et suivez l'allée jusqu'aux premières rangées. Sinon, regardez depuis la grille.
Les tombes sont toutes en marbre blanc, alignées, et pourtant elles ne sont pas toutes pareilles. Regardez leur forme : qu'est-ce qu'elle indique sur chaque soldat ? Et repérez la grande figure sculptée dans le mur, au fond, entre les deux drapeaux.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Comparez une croix et une étoile à six branches.
Le quiz, pour finir assis quelque part
1. Combien de noms de disparus, dont on n'a jamais retrouvé ou identifié le corps, sont gravés sur le mur du cimetière ?
2. Le docteur Angelin German, qui fonde le cimetière en août 1944, se présente plus tard à Draguignan. À quoi ?
3. À quel général américain le général Neuling, qui commandait les Allemands à Draguignan, s'est-il rendu ?
Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.
D'où viennent les réponses
- Histoire de Draguignan, Wikipédia
- Liste des rues de Draguignan, Wikipédia
- Cimetière américain de Draguignan, Wikipédia
- Rhone American Cemetery and Memorial, Wikipédia en anglais
- Personnages historiques (Georges Cisson, Jean Piquemal), ville de Draguignan
- Le monument à la Résistance du Var, photo de Wikimedia Commons (2017)
- Le cimetière américain, photo de Wikimedia Commons (2019)
Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.