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Émile Loubet, né à Marsanne

La ville qui vivait de ses bouchons

Un théâtre de 1885, une maison qui porte le nom de quelqu’un qui n’y a jamais habité, et une route qui a nourri la ville tant qu’elle la traversait. En 1968, l’autoroute a emporté les embouteillages, et la clientèle avec.

Pour les grands · 1 h 30 · environ 1,2 km, entièrement à pied dans le centre, gratuit et praticable toute l’année. Le théâtre et les hôtels particuliers ne s’ouvrent qu’en visite guidée ou pour un spectacle : ici on s’en tient aux façades, depuis la rue · départ : la place Émile-Loubet, devant la fontaine

3 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 3 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 6

Dehors, sans billet, et autant de lecture que de marche. Montélimar a vécu deux fois de ses routes. Une première fois au XIXe siècle : le chemin de fer arrive en 1854, les remparts tombent, la ville se donne un théâtre, et son maire finit à l’Élysée. Une deuxième fois au XXe : les congés payés et l’automobile transforment les embouteillages de la Nationale 7 en clientèle immobile, et les nougatiers s’installent au bord de la route plutôt qu’au centre. Puis en 1968 l’autoroute A7 détourne le flot, et la ville doit réapprendre à exister sans sa route. Les façades gardent la trace des deux époques. Attention : les hôtels particuliers sont des propriétés privées, on les regarde depuis le trottoir et on ne pousse aucune porte.

  1. Étape 1 · La place Émile-Loubet

    L’homme dont cette place porte le nom a été maire de Montélimar de 1878 à 1899, sans interruption, tout en étant successivement député, sénateur, ministre, président du Conseil et président du Sénat. Combien d’années a-t-il tenu cette mairie ?

    Un coup de pouce

    Une simple soustraction, et méfiez-vous de l’envie d’ajouter un an : de 1878 à 1899, on compte les intervalles, pas les millésimes.

  2. Étape 2 · Le théâtre

    Descendez jusqu’à la place du Théâtre, à deux minutes de là.

    Cette salle de 1885 a rouvert en 2021 après un long chantier. Sans entrer, faites le partage : relevez trois éléments qui viennent manifestement du XIXe siècle et trois qui ont été posés de nos jours. Justifiez chaque choix en trois mots.

    Un coup de pouce

    Regardez les matériaux et les assemblages plutôt que les formes. Une moulure se copie très bien ; un joint, une vis, une huisserie et un éclairage se datent presque toujours au premier coup d’oeil.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  3. Étape 3 · La maison dite de Diane de Poitiers

    Partez à l’est et suivez la rue baptisée de ce nom. Propriété privée : on reste sur le trottoir.

    Deux arrêtés de 1956, pris à un mois d’écart, protègent cette maison des XVe et XVIe siècles. L’un vise ce que votre regard atteint depuis le trottoir. L’autre vise une pièce où vous n’entrerez jamais. Devinez laquelle.

    Un coup de pouce

    Quand l’administration protège une maison en deux fois, c’est presque toujours qu’elle est entrée après avoir classé le dehors.

  4. Étape 4 · La collégiale Sainte-Croix

    Continuez vers le nord jusqu’à la collégiale.

    L’édifice a brûlé en 1567 et a été rebâti entre 1577 et 1606. Faites-en le tour et cherchez, à l’oeil, la ligne où le chantier change : appareil des pierres, hauteur des assises, style des ouvertures. Notez où vous la placez, et sur quel indice.

    Un coup de pouce

    Le clocher est achevé en 1555, douze ans avant l’incendie, et ses étages à pilastres font un excellent étalon : ce qui lui ressemble est d’avant, ce qui en diffère est probablement d’après.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  5. Étape 5 · La rue commerçante

    Rejoignez la grande rue piétonne et remontez-la vers le nord.

    La Nationale 7 passait par le centre même. Cherchez ce qu’une rue conçue pour les automobiles laisse derrière elle quand on la rend aux piétons : largeurs, seuils, bordures, enseignes faites pour être lues depuis un pare-brise. Relevez-en trois et datez-les au jugé.

    Un coup de pouce

    Une enseigne de bord de route se lit de loin et en mouvement ; une enseigne piétonne se lit de près et à l’arrêt. Cherchez les lettres trop grandes pour la largeur de la rue.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  6. Étape 6 · Les allées provençales

    Terminez sur les allées provençales, au nord du centre.

    Vous finissez sur un espace aménagé en 1995, qui n’aurait pas pu exister vingt ans plus tôt. Quel événement de 1968 l’a rendu possible ?

    Un coup de pouce

    Demandez-vous ce qu’il fallait enlever d’ici avant de pouvoir y installer des piétons, des bancs et des arbres.

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. La base Mérimée attribue au baron des Adrets le pillage de la ville et l’incendie de l’église, en 1567. Or ses campagnes documentées vont de 1562 à 1564, et il a changé de camp en 1563. Que faire de ce désaccord ?

  2. 2. Que fait Émile Loubet le 18 février 1899 ?

  3. 3. Pourquoi les notices écrivent-elles maison « dite de » Diane de Poitiers ?

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.