Les Moratois des siècles passés, gouvernés à tour de rôle par deux villes qui ne priaient pas de la même façon
La ville qui changea de langue
Une église pour chaque langue, une maison qui se croit à la campagne bernoise, un vote serré qui a duré trois siècles, et deux chiffres officiels qui ne tombent pas d'accord.
9 à 12 ans · 1 heure · 800 mètres à plat dans la vieille ville, d'un bout à l'autre et retour vers le château. Pavés, quelques voitures dans la Grand-Rue. · départ : devant l'église allemande, Deutsche Kirchgasse 22, Morat
4 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.
Tout se fait dans la rue, sans entrer ni payer. Le parcours traverse la vieille ville en diagonale, puis la longe côté lac jusqu'au château. Les églises ne se visitent pas pendant les offices : on les regarde du dehors. Il suit une question simple et pas si simple : Morat a-t-elle toujours parlé la langue qu'elle parle aujourd'hui, et sinon, depuis quand a-t-elle changé ? Aux deux derniers arrêts, personne ne détient la bonne réponse, pas même les sources, qui se contredisent.
Étape 1 · Devant l'église allemande
Recule dans la rue jusqu'à voir le clocher de cette église en entier, et compare-le avec le grand mur de la ville juste derrière. Ce clocher n'est pas seulement un clocher : il a un deuxième métier. Lequel ?
Un coup de pouce
Regarde s'il y a un endroit où l'on voit où finit l'église et où commence le mur. Ou bien les deux se confondent-ils ?
Étape 2 · Devant la cure allemande
Redescends de quelques pas la Deutsche Kirchgasse, en t'éloignant de la porte de Berne : la maison du pasteur est juste à côté de l'église.
Cette maison de 1729, avec son grand toit aux coins coupés, ne ressemble pas aux maisons de ville voisines. Elle est bâtie à la mode des fermes d'une autre ville, celle qui a longtemps gouverné Morat avec Fribourg. Laquelle ?
Un coup de pouce
Au bout de cette rue, côté nord, une porte de la ville porte son nom.
Étape 3 · Sous les arcades de la Grand-Rue
Prends la ruelle qui traverse vers la Grand-Rue, la grande rue droite au milieu de la vieille ville, et marche sous les arcades en regardant les devantures.
Compare ces magasins avec ceux d'une rue commerçante de grande ville, le soir. Il manque une chose à toutes ces enseignes, et ce n'est pas un oubli : c'est interdit ici. Quoi ?
Un coup de pouce
Pense à ce qui clignote ou brille dans une rue de grande ville quand il fait nuit.
Étape 4 · Devant l'église française
Rejoins la rue parallèle côté lac, la Rathausgasse (rue de l'Hôtel-de-Ville), et suis-la vers son extrémité nord-est, du côté de la porte de Berne.
En 1530, le prédicateur Guillaume Farel, envoyé par Berne, a fait voter les habitants : fallait-il interdire la religion catholique dans la ville ? Le oui l'a emporté. À ton avis, le résultat a-t-il été écrasant ou serré ? Pense à ce qu'a fait Fribourg, l'autre ville qui gouvernait Morat, et qui était restée catholique.
Un coup de pouce
Quand deux villes puissantes tirent chacune de son côté, une ville partagée vote rarement comme un seul homme.
Étape 5 · Devant l'hôtel de ville
Redescends la Rathausgasse vers le château, jusqu'au bâtiment à tour et horloge.
Deux sources sérieuses racontent la naissance de ce bâtiment. L'office du tourisme dit qu'il a été rebâti après l'incendie de la ville en 1416. Une encyclopédie dit qu'il est né en 1474, quand on a transformé et réuni deux maisons privées. Peuvent-elles avoir raison toutes les deux ? Invente une histoire qui rende les deux vraies, et regarde la façade : y vois-tu des traces de deux maisons ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Adulte : rappelez qu'une maison peut être reconstruite, puis transformée, puis réunie à sa voisine. Chaque source a peut-être choisi un moment différent.
Étape 6 · Au pied du tilleul, près du château
Continue jusqu'au château, au bout de la vieille ville, et cherche le grand arbre en contrebas, dans l'ancien fossé au pied du rempart, une quarantaine de mètres au sud du château. Deux petites plaques sont posées à son pied.
Lis les deux plaques : la même chose est écrite en français et en allemand. Maintenant, voici deux chiffres pour la même année 2025. Selon Wikipédia, 82 % des habitants de Morat parlent allemand. Selon l'office du tourisme, 73 %. Les deux ont-ils forcément tort l'un ou l'autre ? Imagine deux manières de compter qui aboutiraient chacune à l'un de ces chiffres.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Adulte : demandez ce qu'on fait d'une personne qui parle les deux langues, ou d'un habitant qui en parle une troisième. Et si l'on compte la vieille ville seule, ou toute la commune avec ses villages ?
Le quiz, pour finir assis quelque part
1. Au XVe siècle, quelle langue parlait-on surtout à Morat ?
2. Après la bataille de 1476, qui a gouverné Morat pendant plus de trois cents ans ?
3. En 1803, qui rattache Morat au canton de Fribourg ?
Le mot de la fin
Écris une phrase pour souhaiter la bienvenue aux visiteurs de Morat, une fois en français et une fois dans une autre langue que tu connais.
Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.
D'où viennent les réponses
- Morat, Wikipédia
- Murten, Wikipédia en allemand
- Histoire de la ville de Morat, office du tourisme
- Cure allemande, office du tourisme
Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.