Pierre Giffard, envoyé spécial du Figaro à La Roche en décembre 1885
La ville qui a allumé ses rues
En décembre 1885, un journaliste parisien descend du train dans une petite cité savoyarde et lui offre, en une phrase, un surnom et un record. Le surnom a tenu. Le record, beaucoup moins bien.
9 à 12 ans · 1 h 30 · 2 km à pied, avec une montée jusqu'au parc du château de l'Échelle et une descente jusqu'au Foron par la rampe des Tanneries. Tout est gratuit et ouvert toute l'année. Chaussures qui tiennent aux pieds : le bas du parc et les berges peuvent être glissants après la pluie. · départ : la place de l'Hôtel de Ville
3 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 3 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.
Le 16 décembre 1885, Le Figaro publie l'article d'un envoyé spécial qui n'est allé ni à Londres ni à Berlin, mais dans une ville de Haute-Savoie dont personne à Paris n'a entendu parler : elle vient d'allumer ses rues à l'électricité. Ce parcours suit d'abord l'installation elle-même, du réservoir de l'ancienne centrale, en bas du parc du château, jusqu'à la rivière d'en bas. Puis il s'occupe du record, parce qu'il y a un problème : la Ville se dit première d'Europe, l'office de tourisme première de France, et le SYANE, plus prudent, l'une des premières d'Europe. Les deux premières formules sont fausses, et la façon dont elles se sont fabriquées est plus intéressante que le record lui-même.
Étape 1 · Place de l'Hôtel de Ville
Dans son article du 16 décembre 1885, le journaliste Pierre Giffard écrit : « Ce n'est ni Paris, ni Londres, ni Berlin, ni Moscou », puis il donne à La Roche un surnom en deux mots, qu'on emploie d'habitude pour Paris. Lequel ?
Un coup de pouce
Il parle d'éclairage, et il exagère volontairement : il prend le surnom de la plus célèbre ville de France et le colle à un bourg savoyard que personne à Paris ne connaissait.
Étape 2 · En montant vers le château de l'Échelle
Remonte la rue du Collège jusqu'au château, puis entre dans son parc.
La centrale qui a éclairé la ville n'était pas installée n'importe où. Ce parc possède une chose que le centre-ville plat n'a pas, et c'est elle qui rendait la machine possible. Laquelle ?
Un coup de pouce
Pose une bille imaginaire au point le plus haut du parc et suis-la du regard. Puis demande-toi pourquoi on n'installe jamais ce genre de machine au milieu d'une plaine.
Étape 3 · Le bassin, en bas du parc
Descends jusqu'en bas du parc, en suivant le sentier du parcours familial.
Tu arrives devant un grand bassin de rétention d'eau. Ce n'est ni une piscine ni un abreuvoir. À quelle machine servait-il ?
Un coup de pouce
Tu viens d'expliquer, à l'étape précédente, pourquoi on installe ce genre de chose en haut d'une pente. Descends le raisonnement d'un cran : à quoi sert un bassin plein posé au-dessus d'une machine ?
Étape 4 · Devant le panneau du réservoir
Reste sur place et lis le panneau en entier.
Relève trois mots techniques du panneau que tu ne connaissais pas. Écris-les, puis essaie d'en deviner le sens avant de demander à l'adulte.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Les mots de l'électricité et ceux de l'eau se mélangent souvent : chute, turbine, conduite, réservoir.
Étape 5 · Au bord du Foron, en bas de la rampe des Tanneries
Remonte vers le centre, puis descends la rampe des Tanneries jusqu'à la rivière.
Voici le Foron. Jette ta brindille à l'eau depuis le pont et compte les secondes qu'elle met pour parcourir la longueur du pont. Rapide ou lente ? Note ton chiffre.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Recommence trois fois et garde le temps du milieu : une seule mesure ne vaut rien. Et on reste sur le pont, on ne descend pas dans l'eau.
Étape 6 · Retour place de la Grenette
Remonte la rampe et rejoins la place de la Grenette.
Compte les sources de lumière qui éclairent cette place : lampadaires, appliques accrochées aux murs, projecteurs braqués sur les façades. Puis dessine celle que tu trouves la plus laide.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Regarde aussi les murs et les dessous d'arcades : tout l'éclairage n'est pas juché sur des poteaux.
Le quiz, pour finir assis quelque part
1. La Ville écrit « première ville d'Europe », l'office de tourisme « première ville de France », le SYANE « l'une des premières villes d'Europe ». Qui a raison ?
2. D'où venait le courant qui alimentait cet éclairage ?
3. Giffard écrit que la ville « vient de décréter » l'éclairage électrique. Entre décréter et allumer, qu'est-ce qui change ?
Le mot de la fin
Le train arrive à La Roche en 1883, les rues s'allument en 1885. Combien d'années séparent les deux ?
Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.
D'où viennent les réponses
- Ville de La Roche-sur-Foron, connaissez-vous La Roche ?
- SYANE, brochure des 60 ans du syndicat des énergies de la Haute-Savoie
- Wikipédia, Bellegarde-sur-Valserine (éclairage électrique d'août 1884)
- Wikipédia, La Roche-sur-Foron (le maire Jean-Pierre Plantard)
- Office de tourisme du Pays Rochois, guide touristique 2026-2027
- Office de tourisme du Pays Rochois, histoire de La Roche-sur-Foron
- Monts du Genevois, le château de l'Échelle
Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.