Le sulpicien Vachon de Belmont, qui a fait bâtir un fort au bord de la rivière en 1696, et les familles autochtones qu'on y a fait venir de la montagne
La mission sous les pelouses
Avant l'église, il y avait ici un fort de bois, des cabanes, des champs de maïs et des canots sur la grève. Il n'en reste rien qu'on puisse voir. Alors, comment sait-on qu'ils ont existé, et où ?
9 à 12 ans · 1 heure 30 · Environ 1,2 kilomètre à pied, à plat, autour de l'église, au bord de l'eau, puis jusqu'au cimetière. Deux traversées de grandes rues, aux passages pour piétons. · départ : devant l'église de la Visitation, boulevard Gouin Est, à deux pas de la rue des Jésuites, Montréal
5 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.
Une enquête dehors et sans rien payer, sur un site archéologique qu'on ne voit pas. Le terrain des fouilles appartient à la Ville, qui y creuse encore certaines années : on le regarde depuis la rue, sans franchir les clôtures ni ramasser quoi que ce soit. Le boulevard Gouin et le boulevard Henri-Bourassa sont passants : on les traverse aux passages pour piétons. Au bord de l'eau, on reste sur le sentier, le courant est fort. Tout se fait en toute saison, sauf l'étape au bord de l'eau, glissante en hiver : on peut la faire depuis le haut du sentier. Aux arrêts 3 et 7, on dessine et on prononce, sans réponse écrite d'avance.
Étape 1 · Devant l'église de la Visitation
En 1696, des prêtres sulpiciens font venir ici des familles autochtones qui vivaient jusque-là dans une mission sur le flanc du mont Royal. La raison qu'ils donnaient : les éloigner des cabarets de la ville et de l'alcool. Mais cinquante ans plus tard, le curé du village raconte autre chose à un visiteur, sur ce qu'on a fait des terres que ces familles avaient quittées sur la montagne. Qu'est-ce qu'on en avait fait, à ton avis ?
Un coup de pouce
Adulte : demandez ce qui vaut le plus cher, pour un fermier, un bois à abattre ou un champ déjà dégagé.
Étape 2 · Au bout de la rue des Jésuites
Contourne l'église par la rue des Jésuites, qui part du boulevard Gouin, et va jusqu'au bout. Le terrain des fouilles du fort est tout près.
En creusant ici, les archéologues ont trouvé une longue tranche de terre plus sombre, toute droite, qui file dans le sol comme un fossé étroit, rempli depuis longtemps. Le fort était entouré d'un mur, mais pas en pierre. Qu'est-ce qui avait été planté dans ce fossé ?
Un coup de pouce
Adulte : demandez comment on fabrique un mur quand on n'a que des arbres, une hache et une pelle.
Étape 3 · Au bout de la rue des Jésuites, face au terrain
Reste au même endroit, et regarde tout le terrain autour de toi.
Selon les descriptions anciennes, le fort était un grand rectangle, environ trois fois plus long que large, avec un bastion de pierre à chaque coin, une avancée d'où l'on surveillait les murs. Et dans l'un des coins, la chapelle elle-même servait de tour. Dessine ce plan sur ta feuille, puis place-le sur ce que tu vois : où mettrais-tu la rivière, l'église d'aujourd'hui, la porte du fort ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Adulte : la rivière est du côté où le terrain descend. Commencez par elle, et le reste suivra.
Étape 4 · Rue du Fort-Lorette, devant le terrain de la Ville
Rejoins la rue du Fort-Lorette, juste à côté, et cherche le numéro 12375 : la Ville a acheté ce terrain en 2018, l'année où le site a été classé pour son intérêt archéologique.
Sous les plus vieux objets, en 2025, les archéologues ont trouvé une couche de terre brûlée, noire, étalée sur le terrain. Elle date de l'époque où ce terrain a été concédé, en 1675, plus de vingt ans avant le fort. Que s'était-il passé ici ?
Un coup de pouce
Adulte : rappelez qu'en 1675, ici, tout était couvert d'arbres. Comment s'en débarrasse-t-on vite, sans machine ?
Étape 5 · Au bord de l'eau, derrière l'église
Reviens vers l'église et prends le sentier du parc qui part du boulevard Gouin, longe l'église et descend vers l'eau.
Le village s'appelle le Sault-au-Récollet. Dans l'ancien français, un sault, ce n'était ni un bond ni une chute d'eau haute. C'était un passage de rivière que les canots devaient éviter en portant leur bateau à pied sur la rive. Qu'est-ce que c'était ?
Un coup de pouce
Adulte : pensez à ce que font les rafteurs, en été, sur certaines rivières.
Étape 6 · Au bord de l'eau, derrière l'église
Reste au bord de l'eau, et regarde bien la surface de la rivière.
Regarde la rivière vers l'amont, du côté du grand pont : autrefois, par là, il y avait les rapides du Gros-Sault. Tu n'en vois pas ? Normal. Il y a un peu moins de cent ans, on a construit plus bas sur la rivière une centrale électrique et ses barrages. Pourquoi ont-ils fait disparaître les rapides ?
Un coup de pouce
Adulte : que se passe-t-il dans une baignoire quand on bouche la sortie ?
Étape 7 · À l'entrée du sentier piétonnier, entre le cimetière et le collège
Remonte au boulevard Gouin, prends la rue des Jésuites de l'autre côté jusqu'au boulevard Henri-Bourassa Est, et longe-le vers la gauche sur une centaine de mètres. Traverse au passage pour piétons : le petit sentier part au coin du cimetière, là où il touche le terrain du collège.
Ce petit sentier porte depuis 2020 un nom en langue mohawk, choisi avec la communauté qui vit aujourd'hui au lac des Deux Montagnes : Tetewaianón:ni Iakoiánaka'weh. Essaie de le prononcer, lentement, en tapant dans tes mains à chaque syllabe. Combien en comptes-tu ? L'adulte en trouve-t-il autant ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Adulte : coupez le nom en deux mots, et prenez le premier tout seul d'abord.
Le quiz, pour finir assis quelque part
1. Que veut dire, en français, le nom mohawk de ce petit sentier ?
2. Où se trouvait le village des familles autochtones de la mission, par rapport au fort ?
3. En 2017, quelles trouvailles ont montré que la mission était bien en partie sur ce terrain ?
Le mot de la fin
Tu n'as vu ni le fort, ni la palissade, ni les cabanes, ni les rapides. Dis en une phrase comment on peut être sûr qu'ils ont existé.
Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.
D'où viennent les réponses
- Fort-Lorette : sur les traces de la mission sulpicienne du Sault-au-Récollet, Ville de Montréal
- Présence des Premiers Peuples, Société d'histoire d'Ahuntsic-Cartierville
- Le sentier des messagers, Ville de Montréal
- Fort Lorette, Wikipédia
- Kanesatake, Wikipédia
Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.