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La gare des Brotteaux et le lotissement de Morand

La gare que les trains ont oubliée

Une gare somptueuse, avec horloge, dôme et têtes sculptées, où plus aucun train ne s'arrête. Et autour, un quartier dessiné à la règle, dont les rues ont changé de nom pour devenir sérieuses.

9 à 12 ans · 1 h 30 · 1,4 km à plat, sur trottoir. Tout se regarde depuis la rue et ne coûte rien : la salle des pas perdus de la gare est aujourd'hui un lieu privé, on ne compte donc pas entrer. · départ : la place Jules-Ferry, devant la gare des Brotteaux, 69006 Lyon

4 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 6

Ce quartier a été inventé de toutes pièces. Au 18e siècle, la rive gauche du Rhône n'était que des îles et des graviers que le fleuve déplaçait à chaque crue : on les appelait les brotteaux. Un architecte, Jean-Antoine Morand, a tracé là un lotissement à angles droits, avec un grand cours, un petit cours et des allées aux noms charmants. Un siècle et demi plus tard, la compagnie des chemins de fer y a posé une gare de luxe, aujourd'hui sans un seul train. Ce parcours part de cette gare et remonte jusqu'aux rues de Morand. Départ place Jules-Ferry, devant la façade.

  1. Étape 1 · Devant la façade de la gare

    Au centre de la façade, une horloge énorme domine la place. Juste en dessous, un cartouche sculpté porte deux dates, séparées par un trait. Lis-les et note-les.

    Un coup de pouce

    Le cartouche est le petit panneau décoré, encadré de reliefs, placé sous le cadran.

  2. Étape 2 · Les deux visages de pierre

    Restez sur la place et examinez la partie centrale de la façade.

    Deux têtes de femme sont sculptées sur ce pavillon central. Elles ne représentent pas des personnes réelles mais deux villes, celles que les trains d'ici reliaient. Lesquelles ?

    Un coup de pouce

    Cherchez les deux extrémités d'une même grande ligne de chemin de fer : une au bord de la Méditerranée, l'autre au bord de la Seine.

  3. Étape 3 · Ce qui n'est plus là

    Contournez le bâtiment par la droite et regardez du côté des voies, en contrebas.

    Cette gare est une vraie gare, classée monument historique, et pourtant aucun train ne s'y arrête. Une autre gare, construite plus tard à quelques minutes d'ici, lui a pris tous ses voyageurs. Laquelle ?

    Un coup de pouce

    C'est la gare où les TGV arrivent aujourd'hui.

  4. Étape 4 · Le croisement des deux cours

    Prenez le cours Vitton vers l'ouest jusqu'à la place Kléber, et arrêtez-vous au bord de la place, en retrait de la chaussée.

    Morand a tracé ici deux cours qui se croisent à angle droit : il en a voulu un large de 24,7 mètres et l'autre de 13,7 mètres seulement. Comptez vos pas en travers de l'un, puis de l'autre, toujours à l'arrêt et jamais sur la chaussée, et dites lequel des deux a hérité de la grande largeur.

    Un coup de pouce

    L'écart est presque du simple au double : il se voit à l'oeil et se confirme aux pas. Si vos deux comptages sont trop proches, c'est que vous avez mesuré deux fois le même cours.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  5. Étape 5 · La place Kléber

    Avancez jusqu'au coeur de la place, sur le refuge central, et faites-en le tour du regard avant de bouger.

    Cette place a été dessinée dès 1765, au croisement des deux cours. Comptez combien de rues y débouchent, puis vérifiez en faisant le tour : le compte fait de loin et le compte fait à pied ne donnent pas toujours pareil.

    Un coup de pouce

    Comptez les rues, pas les côtés. Une place à quatre côtés peut avoir plus de quatre rues.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  6. Étape 6 · Les trois allées rebaptisées

    Poursuivez sur le cours Franklin-Roosevelt et repérez les trois rues parallèles qui l'encadrent : la rue Tronchet au nord, la rue de Sèze et la rue Bossuet au sud.

    Quand Morand les a tracées, ces trois allées portaient des noms de promenade : l'allée des Soupirs, l'allée des Désirs et l'allée des Amis. Un siècle plus tard, on leur a donné des noms d'hommes illustres. Retrouvez quelle allée est devenue quelle rue.

    Un coup de pouce

    L'ordre du nord au sud est le même que celui de l'énoncé : Soupirs, Désirs, Amis.

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. Dans la salle des pas perdus, quatre toiles de 1909 montrent des paysages, dont Marseille et le lac Léman. Pourquoi ceux-là ?

  2. 2. Une halle en fer de 180 mètres couvrait les quais. Qu'en reste-t-il ?

  3. 3. Morand s'était fait bâtir ici une maison à colonnades, La Paisible. Qu'en reste-t-il après le siège de 1793 ?

Le mot de la fin

Dernière mission : ce quartier a perdu l'allée des Soupirs, l'allée des Désirs et l'allée des Amis. Rebaptise à ta façon la rue où tu habites, avec un nom de ce genre-là. Écris-le en grand, comme sur une vraie plaque.

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.