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Philibert Delorme et les familles d'argent du Vieux-Lyon (16e siècle)

La galerie posée sur rien

Un contrôleur des finances veut relier deux bâtiments sans rien poser au sol. Son architecte, un Lyonnais tout juste rentré de Rome, lui bâtit un passage qui ne repose sur aucun mur. Il est toujours là, au fond d'une cour, en libre accès.

Pour les grands · 1 h 45, davantage si vous entrez au musée · 1 km à plat, de la place du Change au 16 rue du Bœuf, par la rue Juiverie et la rue Saint-Jean, entièrement sur des rues piétonnes ou à circulation très lente, sans aucun tronçon le long d'une chaussée passante. · départ : la place du Change, 69005 Lyon, devant le porche du temple

4 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 6

À VÉRIFIER AVANT DE PARTIR : ce parcours traverse des cours qui appartiennent à des particuliers et où des gens vivent. Une convention passée avec la Ville les ouvre aux piétons, annoncées de 7 h à 19 h et jusqu'à 20 h l'été ; elle ne les ouvre pas au bruit. On parle bas, on ne sonne pas, on ne photographie pas les fenêtres, et si une porte est close, on passe son chemin : cela arrive sans préavis, et les étapes 3 et 5 se lisent alors depuis la rue. Côté billets : le musée Gadagne coûte 8 euros, 9 en période d'exposition temporaire, gratuit avant 18 ans, et n'ouvre que du mercredi au dimanche de 10 h 30 à 18 h ; le temple du Change ne se visite que le samedi de 15 h à 18 h. Aucune étape n'oblige à entrer. Au 16e siècle, Lyon est une ville de foires où les marchands de toute l'Europe viennent faire affaire, et où les banquiers italiens s'installent avec leur argent, leurs manières et leurs architectes. Cette promenade suit ce que cette génération a laissé dans la pierre : une loge de changeurs, une galerie qui tient sur deux cônes de pierre taillée, l'hôtel d'une famille florentine devenu musée, et une tour d'escalier restée rose.

  1. Étape 1 · Devant la loge du Change

    Cette halle ouverte en rez-de-chaussée a été bâtie de 1748 à 1750 pour les changeurs, sous la conduite de l'architecte Jean-Baptiste Roche. Mais les plans et les élévations, eux, viennent d'un autre, beaucoup plus connu. De qui ?

    Un coup de pouce

    C'est l'architecte que Lyon emploie au milieu du 18e siècle, et son nom commence par un S.

  2. Étape 2 · Face à la maison Thomassin, sur la place

    Tournez le dos à la loge et regardez la façade d'en face.

    La place tient ensemble deux bâtiments que trois siècles séparent. Relevez, sur la façade de la maison Thomassin, tout ce qui ne ressemble pas à la loge : la forme des baies, le dessin des arcs, la place du décor, le rythme des étages. Écrivez ensuite laquelle des deux façades vous paraît la plus ancienne, et pourquoi.

    Un coup de pouce

    Un arc brisé et un arc en plein cintre ne datent pas de la même époque. Le nombre d'ouvertures alignées, non plus.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  3. Étape 3 · Dans la cour du 8 rue Juiverie

    Remontez la rue Juiverie vers la place Saint-Paul sur une centaine de mètres, et entrez au numéro 8.

    En 1536, Antoine Bullioud, contrôleur général des finances, veut relier deux corps de bâtiment sans rien poser au sol au-dessous. Son architecte, un jeune homme rentré d'Italie, fait reposer chaque extrémité de la galerie sur une pièce de pierre en encorbellement, taillée en cône. Comment s'appelle cette pièce ?

    Un coup de pouce

    Le mot désigne aussi l'instrument de musique en forme de cône. Ce n'est ni un arc, ni une console, ni un pilier : rien ne descend jusqu'au sol.

  4. Étape 4 · Dans la grande cour de Gadagne

    Redescendez la rue Juiverie, prenez la rue Lainerie puis la rue Saint-Jean vers le sud, et tournez à droite vers la place du Petit Collège.

    Cet hôtel ne s'est pas toujours appelé Gadagne : il a été bâti au début du 16e siècle pour la famille de Pierrevive. Il doit son nom actuel à ceux qui l'ont racheté, dont le patronyme italien était Guadagni. Qu'est-ce qui, au siècle précédent, avait fait venir jusqu'ici ces familles-là et leur argent ?

    Un coup de pouce

    Ce n'est ni le fleuve ni les métiers de la soie : d'autres villes avaient les deux sans rien attirer de tel. Cherchez quelque chose qui ne durait pas toute l'année.

  5. Étape 5 · Dans la cour du 16 rue du Bœuf

    Sortez place du Petit Collège, montez vers la rue du Bœuf et suivez-la jusqu'au numéro 16.

    Cette cour est célèbre pour sa tour d'escalier, qui a donné son surnom à la maison. Le portail par lequel vous êtes entré, lui, a été dessiné au 17e siècle d'après les plans d'un architecte et théoricien italien, dont les traités ont fait le tour de l'Europe. Lequel ?

    Un coup de pouce

    Italien, prénom Sebastiano.

  6. Étape 6 · Dans la rue du Bœuf, entre deux portes

    Ressortez et remontez la rue sur cent mètres, sans but précis.

    Toutes les cours que vous venez de traverser appartiennent à des particuliers, et rien ne les signale de loin. Relevez, sur les portes que vous croisez, ce qui distingue une entrée ouverte au passage d'une porte qui ne l'est pas. Puis vérifiez votre règle sur trois portes de suite, et notez le nombre de fois où elle vous a trompé.

    Un coup de pouce

    Regardez la poignée, la sonnerie, la plaque, l'état du seuil et la lumière au fond du couloir. Aucune de ces règles n'est infaillible, et c'est justement l'intérêt.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. Quel âge avait l'architecte de la galerie quand il l'a construite ?

  2. 2. Que faisait la famille qui a donné son nom à l'hôtel de Gadagne ?

  3. 3. Que devient la loge du Change en 1803 ?

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.