Don Juan d'Autriche face à l'armée des États généraux, le 31 janvier 1578, et tous ceux qui ont raconté la journée sans tomber d'accord
Une bataille sous un nom d'emprunt
Une chapelle qui fête le vainqueur plus d'un siècle après, des généraux absents le jour où il fallait être là, une explosion qu'on a dite sabotée, des bilans qui vont du simple au triple, et deux batailles qui portent le nom d'une ville où elles ne se sont pas vraiment jouées.
Pour les grands · 1 heure 15 · Environ 600 mètres, de la Chapelle-Dieu à la place Saint-Guibert, par la rue Chapelle-Dieu. · départ : devant la Chapelle-Dieu, rue Joseph Laubain, près de la rue de Mazy, B-5030 Gembloux
5 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.
Une marche gratuite et en plein air, à lire debout ou sur un banc, sur la bataille de Gembloux du 31 janvier 1578, pendant la guerre de Quatre-Vingts Ans. Le parcours suit une rue de quartier où passent des voitures : trottoir obligatoire, et on lit à l'arrêt. La chapelle se regarde de dehors. Le sujet est un désaccord entre sources plus qu'un récit : chaque étape dit d'où vient ce qu'elle affirme. Sur les sept arrêts, deux se jouent sans bonne réponse écrite d'avance.
Étape 1 · Devant la Chapelle-Dieu
Cette chapelle du XVIIIe siècle commémore la victoire de don Juan d'Autriche sur ceux qu'on appelait les Gueux : l'armée des provinces révoltées contre Philippe II. Les derniers combats de la journée se seraient livrés ici, aux portes de la ville. Faites le tour de l'édifice depuis la rue et relevez tout ce qui est écrit, daté ou sculpté. La chapelle dit-elle elle-même ce qu'elle commémore, ou faut-il le savoir ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Notez aussi ce qui manque. Les sources lues ne décrivent ni inscription ni date sur la façade : ce que vous relevez ici n'a été vérifié par personne avant vous.
Étape 2 · Toujours devant la Chapelle-Dieu
Vers 1603, un historien anversois, Gramaye, interroge des notables namurois sur cette journée. Eux ne l'appellent pas la bataille de Gembloux. Ils parlent du triomphe d'un autre village. Sur votre carte, cherchez les villages entre Gembloux et Namur, du côté de la vallée du Houyoux. Lequel, à votre avis ?
Un coup de pouce
Le village est au nord-ouest de Namur, et son nom latin commence comme le mot temple.
Étape 3 · Rue Chapelle-Dieu, à mi-chemin du centre
Remontez la rue Chapelle-Dieu vers le nord, en direction du centre, sur environ deux cents mètres. Arrêtez-vous sur le trottoir.
L'armée des États était au moins aussi nombreuse que celle de don Juan. Mais le jour de la bataille, son commandant en chef George de Lalaing, le chef de la cavalerie et le grand-maître de l'artillerie n'étaient pas là. Où se trouvaient-ils ?
Un coup de pouce
Une fête, pas une autre bataille. Le chroniqueur Strada raille des généraux qui fuient l'hiver de Hesbaye.
Étape 4 · Toujours rue Chapelle-Dieu
Au plus fort de la déroute, sous les murs de Gembloux, la réserve de poudre de l'armée des États explose et achève la panique. Guillaume d'Orange aurait accusé de sabotage Valentin de Pardieu, le grand-maître de l'artillerie. Il est prouvé que Pardieu écrivait en secret à don Juan depuis décembre. Cela prouve-t-il qu'il a fait sauter la poudre ?
Un coup de pouce
Relisez la liste des absents de l'étape précédente.
Étape 5 · Place Saint-Guibert
Continuez la rue Chapelle-Dieu jusqu'au bout, environ deux cents mètres, puis rejoignez la petite place plantée devant l'entrée de l'ancienne abbaye.
Le soir du 31 janvier, quelques milliers de rescapés s'enferment dans Gembloux. Don Juan fait venir des mortiers de Namur. Le 2 février, ce n'est ni un officier ni un échevin qui demande à négocier la reddition. Qui, et pourquoi lui ?
Un coup de pouce
Regardez l'entrée devant vous, et souvenez-vous de qui commandait ici depuis le Xe siècle.
Étape 6 · Toujours place Saint-Guibert
Faites le compte des morts dans votre carnet, source par source. Côté États : 7 000 tués et 1 000 prisonniers pour la chronique de Gembloux, 10 000 pour d'autres, 3 000 morts sur place pour l'historien Galliot, 6 000 pour la version anglaise de Wikipédia, et une bataille peu meurtrière pour Henri Pirenne. Côté espagnol : une petite dizaine pour certains, douze pour la version anglaise, vingt selon don Juan lui-même. Classez ces sources de la plus suspecte à la plus fiable, et dites pourquoi.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Demandez-vous qui avait intérêt à grossir ou à réduire chaque chiffre. Un vainqueur qui écrit au roi minimise ses pertes ; une abbaye qui vient d'échapper au pillage n'a pas les mêmes raisons qu'un historien du XXe siècle.
Étape 7 · Toujours place Saint-Guibert
Une seconde bataille porte le nom de la ville : celle des 14 et 15 mai 1940, où la 1re armée française, avec la 1re division marocaine, arrête un temps les chars allemands. Elle aussi s'est jouée surtout ailleurs qu'au centre. Le long de quoi, à votre avis, dans cette plaine sans relief ?
Un coup de pouce
Une plaine agricole n'offre aucun fossé naturel. Il faut un obstacle construit par l'homme, long et surélevé, qui passe par Gembloux.
Le quiz, pour finir assis quelque part
1. Qui a mené la charge de cavalerie qui a décidé de la journée ?
2. Un an après la bataille, en janvier 1579, des provinces du sud se rallient à Philippe II par un traité. Lequel ?
3. Comment meurt don Juan d'Autriche, le vainqueur ?
Le mot de la fin
Si vous deviez rebaptiser la bataille de 1578 d'après tout ce que vous avez lu, quel nom lui donneriez-vous, et que perdrait-on à changer celui qu'elle porte depuis plus de quatre siècles ?
Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.
D'où viennent les réponses
- Bataille de Gembloux (1578), Wikipédia
- Battle of Gembloux (1578), Wikipedia
- Bataille de Gembloux (1940), Wikipédia
- Rappel historique, Cercle royal Art et Histoire de Gembloux
- Gembloux, Wikipédia
Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.