Un garçon né en 1743 dans une maison au bord de l'Areuse, que Paris finira par appeler du titre de son propre journal
L'enfant du bout du pont
Une plaque qui fête autre chose que l'homme qu'elle nomme, un frère qui change de nom en Russie, un père qui en avait déjà changé, et deux siècles d'hésitation avant une statue.
Pour les grands · 50 minutes · Environ trois cents mètres à plat, entre le pont de l'Areuse et le musée, sur l'Avenue du Collège. On marche sur le trottoir : l'avenue est ouverte aux voitures. · départ : devant la façade nord de la maison de l'Avenue du Collège 2, au bout du pont de l'Areuse, côté est, 2017 Boudry
4 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.
Une promenade courte et dense autour d'un seul homme, et de la façon dont sa ville natale s'en est souvenue. Tout se fait dehors, sans entrer nulle part ni rien payer. La maison natale est habitée : on la regarde depuis le trottoir. Le tram arrive à deux cents mètres. Deux arrêts sur six n'ont pas de bonne réponse écrite.
Étape 1 · Devant la plaque de la façade nord
Deux plaques dorées côte à côte. La première dit qui est né ici et quand. La seconde porte deux drapeaux, un bonnet rouge et deux dates. Marat est né en 1743 et mort en 1793 : ni la naissance ni la mort ne tombent sur un anniversaire rond en 1989. Que fête donc la seconde plaque, et qu'en déduisez-vous sur la façon dont on a voulu se souvenir de lui ?
Un coup de pouce
Lisez les dates de la seconde plaque, puis demandez-vous ce qui a commencé à Paris l'été de la première.
Étape 2 · Toujours devant la façade nord
Reculez de quelques pas pour voir toute la façade.
La maison a changé depuis 1743. Cherchez ce qu'elle a gagné et ce qu'elle a perdu : une grande porte de garage, deux fenêtres superposées à plusieurs baies, un cartouche usé, et quelque part une pierre sculptée d'armoiries, passée au blanc. Combien de ces quatre traces retrouvez-vous, et laquelle est la plus récente ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
La plus récente se voit de loin et sert tous les jours. La pierre armoriée, elle, demande de regarder de près.
Étape 3 · Au bord de l'Areuse, à côté de la maison
Faites quelques pas jusqu'au pont et regardez la maison depuis la rivière.
Le père de Jean-Paul était né en Sardaigne, à Cagliari, sous un nom qui n'avait pas tout à fait cette forme. Installé à Genève, il l'a francisé en ajoutant une seule lettre. Quel était son nom d'origine ?
Un coup de pouce
Prononcez le nom de famille sans sa dernière lettre, qui ne s'entend pas.
Étape 4 · Sur la petite place, à la fontaine de granit
La fontaine est juste à côté, sur la place qui porte le nom de Marat.
Jean-Paul avait un frère cadet, David, né ici en 1756. Il a fait toute sa carrière en Russie, professeur de français au lycée impérial de Tsarskoïe Selo, où il a eu pour élève le jeune Pouchkine. Mais il n'y était pas connu sous le nom de Marat. Quel nom s'était-il donné ?
Un coup de pouce
Il n'est pas allé chercher bien loin : il a emporté son nouveau nom de cette rive même.
Étape 5 · Sur le trottoir de l'Avenue du Collège
Suivez le trottoir vers l'est, en direction du musée, sur une centaine de mètres. Arrêtez-vous avant le carrefour, d'où l'on voit la grande sculpture.
Près de deux siècles et demi séparent la naissance de Marat de la plaque : Boudry a pris son temps. Une raison s'entend dans son propre journal : le 19 août 1792, il appelle à aller arracher les prisonniers de la prison de l'Abbaye, à Paris, en visant nommément un groupe d'hommes. Lesquels, pour qu'un Neuchâtelois ait du mal à l'oublier ?
Un coup de pouce
Pensez à ceux qui gardaient le roi de France, et au pays d'où venaient beaucoup d'entre eux.
Étape 6 · Au pied de la sculpture rouge et bleue
Traversez au passage pour piétons et approchez-vous de la sculpture, devant le musée.
Elle s'appelle « Marat l'Œil ». Un poteau rouge, deux bras bleus levés, et à la place de la tête une boule de lamelles de métal. Que regarde cet œil, à votre avis, et vers où ? Discutez-en, puis tranchez : est-ce un hommage, une mise en garde, ou les deux ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Adulte : regardez si la boule tourne au vent, et pensez à ce que Marat se vantait de faire dans son journal, surveiller et dénoncer.
Le quiz, pour finir assis quelque part
1. Comment s'appelait le journal qui a rendu Marat célèbre ?
2. Où Marat a-t-il obtenu son diplôme de médecin, en 1775 ?
3. Combien de temps les restes de Marat sont-ils restés au Panthéon ?
Le mot de la fin
Une plaque discrète, une fontaine sur une place qui porte son nom, une statue sans visage : Boudry a choisi trois manières de se souvenir sans célébrer. Laquelle vous paraît la plus juste ?
Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.
D'où viennent les réponses
- Géoportail du canton de Neuchâtel, fiches 11-796 (maison natale) et 11-831 (fontaine de la place Marat)
- Wikipédia, Jean-Paul Marat
- Wikipédia, Jean-Baptiste Marat
- Wikipédia, David de Boudry
- Littoral Région, 26 mai 2023, « Marat, illustre Boudrysan né voici 280 ans »
- Wikimedia Commons, la plaque de la maison natale
Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.