Henri Beyle, né ici en 1783, parti à dix-sept ans, revenu surtout sous forme de plaques
Henri Beyle n'aimait pas Grenoble
Une ville a couvert son centre de plaques bilingues pour un enfant du pays qui a passé sa vie à expliquer qu'il n'en était pas. Le parcours suit les plaques et pose, à chaque fois, la question que la plaque évite.
Pour les grands · 1 h 30 · 1,2 km à plat, en centre-ville, sur rues piétonnes et trottoirs. Tout se lit depuis la rue et ne coûte rien. · départ : sous la plaque du 14 rue Jean-Jacques-Rousseau
4 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.
Un itinéraire littéraire qui se fait entièrement dehors, en suivant les plaques posées par la ville et en leur opposant ce que l'écrivain, lui, a écrit de ces mêmes adresses dans son récit d'enfance. Le musée Stendhal occupe l'appartement du grand-père, au 20 Grande Rue, et la ville conserve l'appartement natal comme lieu littéraire : leurs jours d'ouverture se vérifient sur musee-stendhal.bm-grenoble.fr avant de partir, mais rien de ce qui est demandé ici n'est à l'intérieur. Le parcours se prête aux adolescents qui ont lu ou vont lire Le Rouge et le Noir ; il demande de lire des plaques, donc un peu de lumière et pas trop de pluie.
Étape 1 · Sous la plaque de l'appartement natal
Henri Beyle naît ici le 23 janvier 1783, au deuxième étage, chez son père avocat. Dans son récit d'enfance, il raconte que cet appartement a été heureux, puis qu'il a cessé de l'être d'un seul coup, à ses sept ans, et qu'il est alors devenu un lieu d'études austères. Que s'est-il passé cette année-là ?
Un coup de pouce
L'événement est domestique et non historique : ne cherchez pas du côté des affaires publiques de 1790, mais du côté des quatre personnes qui vivaient dans ces pièces.
Étape 2 · Devant la porte du 20 Grande Rue
Remontez vers la Grande Rue et cherchez le numéro 20, sur la gauche en venant de la place.
Ici vivait le grand-père maternel, le docteur Gagnon, chez qui l'enfant s'est réfugié tout le reste de son enfance. Ce médecin des Lumières tenait chez lui, en plein appartement, une collection qu'un bourgeois de province n'était pas censé posséder, et qui a fait plus pour la tête de son petit-fils que toutes ses leçons. De quoi s'agissait-il ?
Un coup de pouce
Au XVIIIe siècle, un notable éclairé se constitue un petit musée privé. Il n'y range ni tableaux ni monnaies, mais ce qu'il ramasse dehors et classe selon Linné.
Étape 3 · Au milieu de la place Grenette
Sortez de la Grande Rue et gagnez le centre de la place.
Depuis le milieu de la place, cherchez des yeux, au-dessus des enseignes et des stores, les étages hauts et les terrasses cachées. Relevez trois choses que personne ne regarde jamais parce qu'elles sont au-dessus de la ligne des vitrines, et notez-les.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Commencez par un coin de la place et tournez lentement sur vous-même, en gardant le regard au niveau du troisième étage.
Étape 4 · Devant la stèle du jardin de Ville
Descendez vers le jardin de Ville et cherchez le monument.
La ville a élevé ici une pierre à sa mémoire. Trouvez-la, lisez ce qui y est gravé, et dites ce que la ville a choisi de retenir de lui : l'enfant du pays, l'écrivain, l'officier, le voyageur. Puis demandez-vous ce qu'elle a choisi de taire.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Un monument commémoratif est un choix, pas un résumé. Comparez ce qui est écrit avec ce que vous savez déjà de l'homme depuis le premier arrêt.
Étape 5 · Devant la grille du lycée, rue Raoul-Blanchard
Remontez vers l'est jusqu'à la rue Raoul-Blanchard et arrêtez-vous devant l'établissement scolaire.
Il a été élève ici, dans un établissement que la Révolution venait de créer et qui portait alors un tout autre nom. L'établissement porte aujourd'hui le sien, celui de sa signature d'écrivain, et pas celui de son état civil. Pourquoi ce choix-là est-il, si l'on y pense, doublement piquant ?
Un coup de pouce
Une des deux ironies tient à sa biographie, l'autre à son nom de plume. Cherchez-les séparément.
Étape 6 · Sur le perron de la bibliothèque
Gagnez le boulevard Maréchal-Lyautey et arrêtez-vous devant l'entrée.
Voici le dernier paradoxe du parcours, et le plus gros. L'homme est mort à Paris en 1842, après avoir vécu en Italie autant qu'il a pu. Ses manuscrits, ses brouillons, ses plans dessinés à la main, ses milliers de pages inédites : d'après tout ce que vous savez maintenant de lui, où auraient-ils dû finir, et où sont-ils en réalité ?
Un coup de pouce
La question n'est pas de deviner une adresse : elle est de mesurer l'écart entre ce qu'un écrivain veut et ce que les héritiers, les legs et les bibliothèques en font.
Le quiz, pour finir assis quelque part
1. Pour les grands : il quitte Grenoble à dix-sept ans, en 1799, officiellement pour passer à Paris le concours de l'École polytechnique. Que s'est-il passé ?
2. Pour les grands : qu'est-ce qui est arrivé en premier, la Révolution française ou la mort de sa mère ?
3. Pour les grands : à quel âge est-il entré à l'établissement du cinquième arrêt, le 21 novembre 1796 ?
Le mot de la fin
Écrivez en trois lignes la plaque que vous poseriez, vous, au 14 rue Jean-Jacques-Rousseau. Contrainte : elle doit être exacte et ne pas flatter la ville.
Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.
D'où viennent les réponses
- Grenoble Patrimoine, le parcours Dans les pas de Stendhal
- Grenoble Patrimoine, l'appartement natal
- Grenoble Patrimoine, l'appartement Gagnon et la treille
- Ville de Grenoble, musée Stendhal et appartement Gagnon
- Wikipédia, Stendhal
Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.