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Napoléon Ier, et la route de Lanslebourg à Suse

Dix ans de travaux pour une route

De 1803 à 1813, on a taillé dans la montagne une route capable de porter une armée et ses canons. Un décret impérial ordonnait qu'on y déblaie la neige pour que le passage ne soit jamais interrompu. Il l'est aujourd'hui six mois par an.

9 à 12 ans · 1 h 15 · 1,5 km aller-retour depuis le parking du col, dont trois cents mètres le long de la D 1006. Route ouverte du deuxième vendredi de mai au deuxième lundi de novembre. · départ : le parking du col du Mont-Cenis, au pied du panneau du col, sur la D 1006

3 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 3 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.

0 étape sur 6

Ce parcours regarde une route comme un ouvrage militaire, parce que c'est ce qu'elle est. Franchir les Alpes avec une armée suppose une pente régulière, une largeur constante et un revêtement qui tient : trois exigences qui expliquent chaque virage. Avant tout le reste, la sécurité, et il ne s'agit pas d'une précaution de style : trois cents mètres de ce parcours longent une départementale de montagne, étroite, sans trottoir et empruntée par des camping-cars. Gilet clair ou fluo pour chacun, marche en file indienne, face aux voitures, un adulte en tête et un adulte en queue, la main tenue pour les plus jeunes. Chaque observation se fait à l'arrêt, sur un accotement large ou en retrait complet de la chaussée : la route est le sujet du parcours, pas son chemin. La route ferme du deuxième lundi de novembre au deuxième vendredi de mai.

  1. Étape 1 · Au panneau du col

    Les travaux ordonnés par Napoléon Ier ont duré dix ans, et ils ont mobilisé plus de trois mille ouvriers pour trente-cinq kilomètres de route. Pourquoi tant de monde et tant d'années pour une seule route de montagne ?

    Un coup de pouce

    Regardez de quoi est fait le sol autour de vous, puis demandez-vous combien de mois par an on peut y travailler à cette altitude.

  2. Étape 2 · Face à la descente

    Reculez de la chaussée jusqu'à embrasser d'un coup d'oeil plusieurs virages d'affilée.

    Cette route devait porter des canons tirés par des chevaux. Notez deux exigences que cela impose au tracé, et vérifiez-les sur ce que vous avez sous les yeux.

    Un coup de pouce

    Un attelage ne recule pas, ne fait pas demi-tour sur place, et ne freine pas comme une voiture. Chacune de ces trois impossibilités impose quelque chose au tracé.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  3. Étape 3 · Sur l'accotement, plus loin

    Gilets sur le dos, en file indienne, face aux voitures, un adulte devant et un adulte derrière : remontez trois cents mètres sur l'accotement, puis quittez la chaussée et placez-vous en retrait pour observer.

    De là où vous êtes, comptez les virages que vous distinguez en entier. Puis écrivez pourquoi on en fait autant plutôt qu'une ligne droite.

    Un coup de pouce

    Entre deux altitudes qui ne bougent pas, il n'y a qu'un seul réglage possible, et ce n'est ni la largeur ni le revêtement.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.
  4. Étape 4 · Face au lac

    Revenez au parking et placez-vous face à l'eau.

    Une partie de la route de Napoléon n'existe plus. Regardez le lac et dites ce qui lui est arrivé, sans citer de date.

    Un coup de pouce

    Comparez l'altitude du bord de l'eau et celle de la chaussée sur laquelle vous êtes. Demandez-vous par où passe le chemin le plus court entre deux points d'un plateau plat.

  5. Étape 5 · Toujours au col

    Restez au parking, face à la route.

    De 1868 à 1871, un chemin de fer a circulé sur cette route même, posé le long de la chaussée. Il a fonctionné trois ans et trois ans seulement, et son contrat prévoyait à l'avance la date de son arrêt. Qu'attendait-on ?

    Un coup de pouce

    On ne l'a pas arrêté parce qu'il marchait mal : il a porté plus de cent mille voyageurs. On l'a arrêté parce qu'on avait fini autre chose, ailleurs, et que cette autre chose ne passait pas par le col.

  6. Étape 6 · Au panneau du col, pour finir

    Revenez au panneau et relisez ce qui y est écrit.

    Avant de repartir, faites deux colonnes. Dans la première, écrivez ce que cette route permet de faire aujourd'hui et qui était impossible il y a deux siècles. Dans la seconde, écrivez ce qu'elle ne permet plus. Comparez les longueurs.

    Un coup de pouce

    La seconde colonne est la plus difficile, et c'est celle qui compte. Pensez aux six mois de l'année où cette route n'existe pas, et à ce que cela interdit.

    Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.

Le quiz, pour finir assis quelque part

  1. 1. Avant cette route, comment descendait-on le col quand il était enneigé ?

  2. 2. Qui a autorisé la pose d'un chemin de fer le long de la route impériale ?

  3. 3. Comment le chemin de fer du col tenait-il dans les pentes trop raides pour un train ordinaire ?

Le mot de la fin

Deux ouvrages de franchissement se font concurrence dans ce parcours : celui qui monte au col et celui qui passe dessous. Écrivez lequel a gagné, et en une phrase pourquoi.

Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.

D'où viennent les réponses

Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.