Le comte d'Aspremont et Vauban, qui se sont succédé sur le même chantier de remparts
Deux ingénieurs pour une seule place forte
Une porte qui a mis un quart de siècle à sortir de terre, un étage qui se trahit par sa maçonnerie, une tour qui hésite entre deux orthographes, un arsenal choisi pour sa discrétion, et une ville fortifiée à grands frais juste au moment où elle n'en avait plus besoin.
Pour les grands · 1 heure 15 · Environ 900 mètres, à plat, de la porte Royale à la porte de Comté, par les casernes, l'arsenal et la place d'Armes. · départ : devant la porte Royale, côté ville, 2 rue du 8e Chasseur, Auxonne
4 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.
Six arrêts sur le chantier qui a occupé Auxonne de 1673 à la fin du siècle, raconté à partir des dossiers de l'Inventaire général du patrimoine de Bourgogne-Franche-Comté. Les casernes et la tour du Cygne sont sur un terrain militaire : on les regarde depuis la place publique. Le côté campagne de la porte Royale donne sur un rond-point : on reste côté ville. Deux arrêts sur six n'ont pas de bonne réponse écrite : on y formule ses hypothèses avant de lire ce que disent les archives.
Étape 1 · Devant la porte Royale, côté ville
Regardez le corps central, entre les deux pavillons à toits brisés. Son rez-de-chaussée et son étage ne sont pas du même chantier : l'un a été ajouté une quinzaine d'années après l'achèvement de la porte. Lequel, et à quoi le voit-on depuis le trottoir ?
Un coup de pouce
Comparez la régularité des pierres juste au-dessus de la grande arcade avec celle de la rangée de fenêtres.
Étape 2 · Toujours devant la porte Royale
Restez au même endroit.
Le comte d'Aspremont, chargé des fortifications par Colbert, dessine cette porte en 1673, à la place de la porte médiévale de Flammerans. Elle n'est achevée qu'en 1699. Trouvez au moins deux raisons à un chantier aussi long, à partir de ce que vous savez d'un chantier qui change de chef.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Pensez à un entrepreneur, à un décès, et à un traité de paix.
Étape 3 · Place du 10e Régiment d'Infanterie, face aux casernes
Revenez vers le centre par la rue du 8e Chasseur jusqu'à la place bordée par les casernes, à deux minutes. La grosse tour ronde du rempart, vers le nord-est, est sur le terrain militaire.
Cette tour s'écrit tantôt « tour du Cygne », tantôt « tour du Signe ». Le même service régional d'Inventaire la date de 1524 dans un dossier et de 1525 dans un autre. Ce n'est pas une faute à corriger mais une piste : quel événement de 1524 peut expliquer le nom, et donc l'orthographe d'origine ?
Un coup de pouce
Pensez à la reine de France de l'époque, et à l'animal qu'elle avait choisi.
Étape 4 · Même place
Restez sur la place.
Arrivé à Auxonne le 23 janvier 1679, Vauban inspecte le chantier laissé par Aspremont et rédige un mémoire sévère pour son prédécesseur. Un seul ouvrage échappe à ses critiques : « achevé et fort bien fait ». Lequel, d'après vous ?
Un coup de pouce
Il entoure la tour que vous apercevez d'ici : Aspremont s'était appuyé sur elle.
Étape 5 · Devant le portail de l'arsenal, rue Vauban
Descendez la rue Carnot vers le sud-ouest, puis rejoignez la rue Vauban, à cinq minutes.
En 1687, Vauban défend dans une lettre le terrain choisi pour l'arsenal. Il avance deux arguments, l'un logistique, l'autre militaire, et le second surprend pour une ville frontière. Formulez les vôtres avant de lire les siens.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
L'ancien nom de la rue où vous êtes, rue de Saône, donne le premier. Pour le second, pensez à ce qu'un espion voudrait savoir.
Étape 6 · Devant la porte de Comté, côté jardin
Traversez la place d'Armes, prenez la ruelle du Jura vers l'est et continuez jusqu'à la porte de pierre, à huit minutes.
Cette porte de 1503 a échappé deux fois à la démolition de ce qui l'entourait. Vers 1677, Aspremont rase le vieux bastion en fer à cheval, mais la garde. En 1905, la ville rase le bastion d'Aspremont, et la garde encore. Quelle raison a pu sauver deux fois la même porte ?
Un coup de pouce
Regardez la fenêtre à meneau et ses colonnes torsadées, côté nord.
Le quiz, pour finir assis quelque part
1. Quand le comté voisin devient français par les traités de Nimègue, en 1678, dans quel état est la place d'Auxonne ?
2. En 1670, avant Aspremont et Vauban, qui Colbert charge-t-il de proposer des améliorations aux défenses d'Auxonne ?
3. Que décide l'État pour Auxonne en 1896 ?
Le mot de la fin
Dernier exercice, sans bonne réponse : si vous deviez rendre justice à Aspremont, mort en 1678 avant d'avoir fini, quel ouvrage de la ville lui attribueriez-vous en premier ?
Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.
D'où viennent les réponses
- Fortification d'agglomération, Inventaire général Bourgogne-Franche-Comté
- Porte Royale, Inventaire général Bourgogne-Franche-Comté
- Tour du Cygne, Inventaire général Bourgogne-Franche-Comté
- Bastion du Cygne, Inventaire général Bourgogne-Franche-Comté
- Arsenal, Inventaire général Bourgogne-Franche-Comté
- Bastion du Comté, Inventaire général Bourgogne-Franche-Comté
- Patrimoine, ville d'Auxonne
Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.