Les tisserands en cave du Choletais, dont les rues portent le métier mais presque jamais le nom
Ce que tissaient les caves
Une ruelle de deux mètres de large, des ateliers enterrés, une chanson de 1900, des rues qui nomment des métiers, un quartier mal orthographié et une usine devenue musée.
Pour les grands · 1 heure 45 · Environ 2 kilomètres à pied, d'est en ouest, à plat ou presque. Ruelles piétonnes et trottoirs de ville. · départ : à l'entrée de la rue de la Tête-Noire, côté rue Salbérie, au pied de la rue Saint-Pierre, Cholet
5 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 3 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.
Un parcours à pied, dehors et gratuit, à travers les quartiers où l'on tissait la toile. La rue de la Tête-Noire et le passage de la Taumaserie desservent des allées et des jardinets privés, dont certains sont fermés par une porte : on reste dans le passage public, sans entrer ni regarder par-dessus les murs. Le musée du Textile, à l'arrivée, est payant et a ses horaires : on le regarde depuis la rue, et y entrer est un prolongement, pas une étape. Trois arrêts sur sept n'ont pas de réponse écrite d'avance. Un plan sur le téléphone aide entre la rue des Marteaux et la rue des Blanchisseurs.
Étape 1 · À l'entrée de la rue de la Tête-Noire
Cette ruelle piétonne descend vers la rue des Rouettes. Parcourez-la jusqu'au bout et revenez. Deux mesures à prendre en marchant : écartez les bras, et dites si vous touchez presque les deux murs ; puis comptez combien de fois la ruelle change de direction.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Un changement de direction, c'est un coude : l'endroit où l'on ne voit plus le bout de la ruelle.
Étape 2 · Dans la rue de la Tête-Noire, devant les maisons basses
Revenez dans la partie de la ruelle où les maisons sont basses et serrées, et regardez une façade de près, depuis le passage.
Une maison de tisserand se reconnaît à deux détails : quelques marches pour monter à la pièce où l'on vit, et, au ras du sol, une petite ouverture qui éclaire la cave, un soupirail. Le métier à tisser était en bas, dans la cave. Pourquoi installer l'atelier sous terre plutôt qu'au grenier, où il fait plus clair ?
Un coup de pouce
Comparez l'air d'une cave et l'air d'un grenier, en été comme en hiver. Lequel change le moins ?
Étape 3 · Place Travot, devant l'ancien théâtre
Remontez vers la rue Salbérie, puis prenez la rue des Vieux-Greniers vers l'ouest sur 200 mètres environ. Tournez à droite dans la rue Travot : elle débouche sur la place. Arrêtez-vous devant l'ancien théâtre, à la façade néo-classique ornée de figures sculptées.
Le dimanche 29 avril 1900, au concert annuel de l'Orphéon de Cholet, le chansonnier breton Théodore Botrel chante pour la première fois « Le Mouchoir rouge de Cholet ». Aujourd'hui, la ville vend un mouchoir rouge rayé de blanc comme son emblème. Question d'ordre : ce mouchoir-là existait-il déjà le soir du concert ?
Un coup de pouce
Les mouchoirs de Cholet étaient blancs. Une chanson à succès peut-elle faire naître un produit ?
Étape 4 · Sur le parvis Saint-Jean-Paul-II, face à l'église Notre-Dame
Contournez l'église Notre-Dame jusqu'au parvis, devant sa grande porte, au pied des deux flèches.
L'histoire que chante Botrel est vraie, mais pas tout à fait. Le 17 octobre 1793, pendant la bataille de Cholet, Henri de La Rochejaquelein, un chef vendéen, porte trois mouchoirs blancs de Cholet pour être reconnu de ses hommes, et l'un d'eux rougit de son sang quand il s'en sert pour panser une blessure. Dans la chanson, Botrel donne ce geste à un autre chef vendéen, Charette. La ville et Wikipédia avancent la même raison, avec le même « sans doute ». Laquelle ?
Un coup de pouce
Essayez de chanter les deux noms sur la même mélodie. Lequel est le plus court, et lequel finit par un son facile à faire rimer ?
Étape 5 · Rue des Marteaux
Dos à l'église, prenez la rue Nantaise, qui part vers l'ouest depuis le bas du parvis. Au bout, une centaine de mètres plus loin, commence la rue des Marteaux : lisez la plaque.
Cette rue tire son nom d'un outil qu'on y entendait du matin au soir. D'après Wikipédia, ce n'étaient pas des tisserands qui le maniaient, mais des artisans d'un autre métier. Lequel ?
Un coup de pouce
Ce métier fabriquait de grands récipients de cuivre pour les cuisines et les lessives, et les façonnait à coups répétés.
Étape 6 · À l'angle de la rue des Blanchisseurs et du passage des Lavandières
Rejoignez le bas de la rue des Blanchisseurs, à environ 500 mètres à l'ouest : le plan du téléphone est utile ici. Remontez-la jusqu'à l'angle d'où part le passage des Lavandières, un chemin piéton qui file vers la rue de la Dube.
Marteaux, Blanchisseurs, Lavandières : les rues de ce quartier nomment des métiers. Wikipédia rapporte une remarque de l'historien Jean-Joseph Chevalier : dans la première ville industrielle du département, aucune rue n'honorait une figure ouvrière du tissage. Le métier a sa plaque, la personne non. Entre une rue au nom d'un métier et une rue au nom d'une personne, qu'est-ce qui change pour la mémoire d'une ville ? Et vous, aujourd'hui, en voyez-vous une ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Pensez à ce qu'on peut raconter d'un nom propre, et à ce qu'on ne peut pas raconter d'un nom de métier.
Étape 7 · À l'entrée du passage de la Taumaserie
Suivez la rue des Blanchisseurs vers l'ouest jusqu'au bout, puis gagnez la rue Louis-Pasteur, à une centaine de pas : le passage de la Taumaserie en part vers le nord, en direction de la rue Marceau.
Ce passage traverse un ancien quartier de tisserands, aux maisons alignées et bordées de jardins. Son nom, selon l'office de tourisme, est déformé : une simple faute d'orthographe sur le cadastre. Le nom d'origine contenait un prénom. Lequel ?
Un coup de pouce
Prononcez « Tauma » à voix haute, et cherchez un prénom très courant qui se dit presque pareil.
Étape 8 · Devant le musée du Textile et de la Mode
Remontez la rue Louis-Pasteur vers le nord-ouest sur 700 mètres environ, jusqu'à la rue du Docteur-Roux, où se trouve le musée.
Avant d'être un musée, ce bâtiment était une usine où l'on blanchissait les toiles, construite en 1881. Depuis le trottoir, relevez trois indices qui disent usine plutôt que maison. Puis comparez avec la ruelle du départ : qu'est-ce qui a changé dans la vie d'un tisserand, entre la cave et l'usine ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Regardez la taille des fenêtres, la longueur des bâtiments, la hauteur des toits et ce qui dépasse au-dessus.
Le quiz, pour finir assis quelque part
1. À la fin du XIXe siècle, la mécanisation du tissage laisse des tisserands du Choletais sans travail. Vers quelle industrie le pays se reconvertit-il d'abord ?
2. Selon la ville de Cholet, que veulent dire les deux couleurs du mouchoir de Léon Maret ?
3. Le tissage a presque disparu, mais la ville garde une spécialité. De quoi l'office de tourisme dit-il Cholet la capitale aujourd'hui ?
Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.
D'où viennent les réponses
- Cholet, Wikipédia
- Le mouchoir de Cholet, ville de Cholet
- Le mouchoir de Cholet et tradition textile, office de tourisme du Choletais
- Promenade urbaine, office de tourisme du Choletais
- Musée du textile et de la mode de Cholet, Wikipédia
- Musée du Textile et de la Mode, office de tourisme du Choletais
Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.