Les maisons à galeries de bois de la rue Perrine
La ville qui s'est rabotée elle-même
Un incendie de trop, et la ville prend contre son propre Moyen Âge une décision d'urbanisme qu'elle mettra un siècle et demi à appliquer. Il reste à chercher ce qui y a échappé.
Pour les grands · 1 h 30 · Environ 900 mètres, à plat sauf une courte montée vers le rocher, de la rue Perrine à la place Saint-François par la place Saint-Jean, la rue des Fours et le quartier du Plain-Château. Tout se regarde depuis la rue, gratuitement et en toute saison. L'église est ouverte tous les jours et l'entrée est libre ; l'immeuble du 1 rue des Fours est une propriété privée, qui ne se visite pas. · départ : la rue Perrine
3 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 3 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.
La Roche-sur-Foron se présente comme une cité médiévale, et elle l'est. Mais le visage qu'elle offre aujourd'hui est aussi le résultat d'une décision d'urbanisme prise après un incendie, en 1751 : supprimer trois éléments de bois qui faisaient à la fois le charme et le danger des rues étroites. La mesure a commencé rue Perrine et s'est échelonnée dans le reste de la ville jusqu'à la fin du siècle suivant. Cette promenade cherche ce qui a été effacé et ce qui a survécu : un escalier protégé, une église faite de quatre chantiers empilés, un ancien collège devenu médiathèque. Tout se lit depuis le trottoir, sauf l'église, où l'on entre.
Étape 1 · Dans la rue Perrine
Un dernier gros incendie frappe cette rue en 1751. La décision qui suit ne concerne pas les pompiers mais l'architecture : on supprime trois éléments de la ville médiévale, et l'on commence justement par ici. Lesquels ?
Un coup de pouce
Cherchez ce qui, dans une rue étroite, permet à une flamme de passer d'un toit au toit d'en face sans jamais redescendre.
Étape 2 · Entre la rue Perrine et les ruelles du vieux quartier
Remontez vers le centre ancien et comparez ce que vous quittez à ce que vous abordez.
Mesurez en pas la largeur de la rue Perrine, puis celle de la première ruelle ancienne que vous croisez. Notez l'écart. Puis regardez les toits : lesquels débordent encore, et de combien ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Comptez toujours au même endroit, d'un pied de façade à l'autre, et gardez la même longueur de pas.
Étape 3 · Devant le 1 rue des Fours
Rejoignez la rue des Fours et arrêtez-vous au numéro 1.
Cet immeuble est inscrit au titre des monuments historiques depuis un arrêté du 1er février 1944. La protection ne se limite pas aux façades et toitures sur rue : elle s'étend à deux éléments que vous ne verrez pas d'ici, et c'est justement la question. Lesquels ?
Un coup de pouce
Dans une maison ancienne, l'élément le plus coûteux et le plus soigné après la façade est celui qui permet de monter.
Étape 4 · Dans l'église Saint-Jean-Baptiste
Gagnez la place Saint-Jean et entrez, si l'église est ouverte.
L'église a été agrandie en longueur et en largeur à la fin du XIXe siècle, dans un style néogothique alors très prisé. De l'édifice d'origine, deux parties seulement ont survécu à l'opération. Lesquelles ?
Un coup de pouce
Cherchez du côté où se tient le prêtre, à l'opposé de la porte d'entrée : c'est presque toujours la partie la plus ancienne d'une église.
Étape 5 · Devant le clocher, depuis la place
Ressortez et prenez du recul pour voir le clocher en entier.
Cette église porte au moins quatre chantiers empilés : un choeur ancien, deux chapelles du XVIe siècle, une tour de pierre de taille de 1575, une nef refaite au XIXe. Depuis la place, cherchez les raccords : changements d'appareil, lignes de toiture qui ne se prolongent pas, ouverture bouchée. Notez-en trois.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Les raccords se lisent mieux en lumière rasante, et presque toujours aux angles plutôt qu'au milieu des murs.
Étape 6 · Devant l'ancien Collège royal, rue du Collège
Montez vers le rocher : le bâtiment se trouve entre la tour des comtes de Genève et le château de l'Échelle.
Cette bâtisse a abrité le Collège royal. Depuis la rue, relevez ce qui trahit encore une fonction collective plutôt qu'une maison particulière : rythme des fenêtres, largeur des portes, hauteur sous plafond estimée.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Comparez avec les maisons nobles du Plain-Château : la différence tient moins au décor qu'à la répétition.
Le quiz, pour finir assis quelque part
1. Deux hypothèses circulent sur la fondation de cette église : 1111 par le comte Aymon Ier, ou 1190 par son petit-fils Guillaume Ier. Que fait un guide honnête ?
2. Dans cette église, le choeur est nettement plus haut que la nef. Pourquoi ?
3. Dans quelle abbaye ont été réalisés les vitraux non figuratifs de l'église Saint-Jean-Baptiste ?
Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.
D'où viennent les réponses
- Office de tourisme du Pays Rochois, histoire de La Roche-sur-Foron
- Base Mérimée, ministère de la Culture, immeuble 1 rue des Fours
- Base Mérimée, ministère de la Culture, le clocher de l'église
- Haute-Savoie Mont-Blanc Tourisme, l'église Saint-Jean-Baptiste et son clocher à bulbe
- Paroisse Sainte-Marie en Pays Rochois, histoire et description de nos églises
- Wikipédia, La Roche-sur-Foron (Collège royal, 1816 et 1860)
Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.