Élisabeth Eidenbenz, institutrice suisse, que les mères réfugiées appelaient « Señorita Isabel »
Ce qu'Elne a gravé, fondu et recommencé
Une déesse des vergers devenue monument aux morts, un buste qui n'est pas celui qu'on a inauguré, une adresse qui a changé de camp, et une maison où l'on ne s'accorde pas sur le nombre de naissances.
Pour les grands · 1 heure 15, sans compter le trajet en voiture · Environ 900 mètres à pied dans la ville, puis 1,5 kilomètre en voiture jusqu'à la maternité suisse, à l'ouest de la ville. · départ : devant le monument aux morts, sur le plateau des Garrafes, à Elne
4 étapes ont une réponse vérifiée auprès d'une source officielle. Les 2 autres n'en ont pas, et c'est voulu : la réponse y est ce que l'enfant observe. Toutes les sources sont imprimées sur la feuille des réponses.
Un parcours pour adultes et grands adolescents sur la façon dont une petite ville garde, efface et refait ses mémoires, de la Grande Guerre à la Retirada et à l'Occupation. Les sujets sont graves : la guerre, l'exil, la déportation, sans rien de cru. Les quatre premières étapes se font à pied dans la ville ; la maternité est à l'écart, au bout d'un chemin de campagne, et l'on s'y rend en voiture, en cinq minutes environ. Elle est fermée pour travaux à la date de vérification, et son exposition est installée au cloître, payant : les deux dernières étapes se jouent depuis le chemin. Deux étapes sur six n'ont pas de bonne réponse écrite.
Étape 1 · Devant le monument aux morts
Ce monument de bronze est d'Aristide Maillol, en 1921. Il n'a rien demandé pour le faire. Regardez la femme debout sur son socle : que tient-elle dans les mains, et qu'y lit-on ?
Un coup de pouce
Ce qu'elle tient est fait pour être lu de loin, comme une enseigne.
Étape 2 · Devant le buste du docteur Charles Bolte
Restez sur le plateau et cherchez, à quelques dizaines de mètres, un buste de bronze sur un socle.
Le monument au docteur Charles Bolte a été sculpté par Gustave Violet, l'autre grand sculpteur roussillonnais de l'entre-deux-guerres. Violet est mort en 1952 ; le buste que vous voyez date pourtant de 1983. Qu'est-il arrivé au premier bronze, en 1942 ?
Un coup de pouce
Pensez à ce que vaut le bronze quand un pays en guerre manque de métal.
Étape 3 · Devant la mairie
Descendez du plateau vers le nord par la place de la République, jusqu'au grand boulevard où se trouve la mairie.
Sous le régime de Vichy, Elne doit débaptiser les rues dont le nom déplaît au pouvoir : ce qui évoque l'Angleterre, les Juifs ou le communisme. Une rue perd ainsi le nom d'un philosophe, au profit de noms comme Oran, Weygand ou Frédéric-Mistral. Lisez la plaque de la rue où vous êtes. Qu'est-ce qu'elle raconte, quatre-vingts ans après ?
Un coup de pouce
Le philosophe en question s'est battu toute sa vie contre l'intolérance, ce qui suffit à expliquer qu'on ait voulu l'ôter des murs.
Étape 4 · Dans l'espace Rose-Blanc
Partez vers l'ouest par les rues du quartier, environ 450 mètres, jusqu'au jardin public qui porte ce nom.
Rose Blanc est née à Elne en 1919, dans une famille d'agriculteurs modestes. Résistante communiste sous le faux nom d'Amélie Garrigue, arrêtée à Paris en 1942, elle est déportée à Auschwitz en janvier 1943 et y meurt du typhus à 23 ans. Regardez autour de vous : qu'est-ce qui, dans ce jardin, dit qui elle était ? Et qu'est-ce qu'un passant qui ne sait rien en apprendrait ?
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Cherchez une plaque, un panneau, une inscription, puis demandez-vous ce qu'un enfant du quartier comprendrait du seul nom.
Étape 5 · Devant la maternité suisse, le château d'En Bardou
Reprenez la voiture et suivez la direction de la maternité suisse, à l'ouest de la ville, environ 1,5 kilomètre. Garez-vous sans gêner le chemin et regardez le bâtiment depuis l'entrée.
Ce château Belle Époque a été bâti en 1901-1902 pour Eugène Bardou, petit-fils de Jean Bardou, un industriel dont la marque tient en trois lettres. Que fabriquait-on sous ce nom ?
Un coup de pouce
C'est un produit très fin, qu'on achetait en petits carnets, et qui finissait en fumée.
Étape 6 · Toujours devant la maternité
Restez devant l'entrée.
Combien d'enfants sont nés ici entre décembre 1939 et avril 1944 ? L'article Wikipédia sur la maternité dit 595, de 22 nationalités. L'article sur Élisabeth Eidenbenz dit 597, comme le titre d'un livre catalan. La mairie écrit « près de 600 », d'une dizaine de nationalités. Personne ici n'a forcément menti. Trouvez au moins deux raisons pour lesquelles des gens honnêtes qui comptent les mêmes naissances n'arrivent pas au même total.
Ici, ta réponse est la bonne : c'est ce que tu vois.Un coup de pouce
Pensez aux registres tenus dans l'urgence, aux jumeaux, aux enfants nés en route, à ce qu'on appelle une nationalité quand un pays vient de disparaître.
Le quiz, pour finir assis quelque part
1. Dans la première maternité, ouverte à Brouilla en 1939, puis ici à Elne, dans quoi dormaient les nouveau-nés ?
2. En avril 1944, l'armée allemande réquisitionne le château. Combien de temps l'équipe a-t-elle pour tout emballer dans deux wagons et partir pour l'Aveyron ?
3. En 2017, Elne a joué un rôle discret dans le référendum sur l'indépendance de la Catalogne. Lequel ?
Tes réponses restent dans ce téléphone. Elles ne partent nulle part et personne d'autre ne les voit.
D'où viennent les réponses
- Monument als morts d'Elna, Wikipédia en catalan
- Gustave Violet, Wikipédia
- Elne, Wikipédia
- Rose Blanc, Wikipédia
- Maternité suisse d'Elne, Wikipédia
- Élisabeth Eidenbenz, Wikipédia
- Maternité suisse d'Elne, mairie d'Elne
Si une réponse ne correspond plus à ce que vous voyez sur place, une ville change et nous aussi : dites-le nous, on corrige.