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refrain.

une enquête à plusieurs

Qui a fait taire le carillon ?

Un matin, les soixante-dix cloches du château restent muettes. Six personnes avaient la clé, six racontent leur matinée, et une seule ment. À vous de trouver laquelle, en vérifiant leurs histoires dans la ville.

Le délit est inventé : il n'a jamais eu lieu, et les 6 suspects n'ont pas existé. En revanche, tous les indices sont vrais, vérifiés et sourcés, comme dans les autres jeux de piste. C'est ce qui rend l'enquête résoluble.

Chambéry
Combien de temps
1 h 45
Combien de marche
2,5 km, tout à plat
Combien de joueurs
de 4 à 10 personnes

Avant de partir

Prévenez le groupe dès le début : le carillon muet est une histoire inventée, et les six suspects n'ont jamais existé. Tout le reste est vrai. Chaque alibi se vérifie sur un fait réel, qu'on observe ou qu'on compte sur place. Cinq tiennent debout. Un seul s'effondre, et il ne s'effondre qu'au dernier arrêt : inutile de deviner avant, la ville livre les preuves dans l'ordre.

  • La feuille imprimée, une par équipe
  • Les six cartes de suspect, découpées et distribuées
  • Un crayon par joueur
  • De quoi boire, ça dure presque deux heures

Départ : Fontaine des Éléphants. Arrivée : Cathédrale Saint-François-de-Sales.

Les 6 suspects

Une carte par joueur. À découper, ou simplement à lire à voix haute en se les passant.

  • Mathilde Berruyer

    carillonneuse remplaçante

    Elle connaît les soixante-dix cloches par leur numéro et trouve que personne ne les écoute vraiment. Elle avait la clé de la tour ce matin-là, comme tous les mardis.

    « J'étais dans la tour, en train de régler le clavier. Je peux vous dire combien il y a de cloches, si vous ne me croyez pas. »

  • Anselme Charvin

    sacristain

    Il ouvre la cathédrale tous les matins et ferme le soir. Il dit que le silence du carillon lui a fait un drôle d'effet, comme une messe sans orgue.

    « J'étais dans la cathédrale, seul, à préparer l'office. J'ai passé la main sur les nervures de pierre sculptée de la voûte, comme chaque matin. »

  • Colette Vionnet

    guide de la vieille ville

    Elle fait visiter Chambéry depuis vingt ans et prétend connaître toutes les allées couvertes, y compris celles qui ne mènent nulle part.

    « Il pleuvait. J'ai traversé tout un pâté de maisons sans jamais mettre le pied dans la rue, en passant par les allées. »

  • Bastien Molard

    apprenti fondeur

    Il rêve de couler une cloche un jour, et passe ses matinées à dessiner celles des autres. Il jure qu'il n'aurait jamais osé toucher au carillon.

    « J'étais devant la fontaine, à dessiner la colonne. J'ai mis une heure rien que sur l'arbre qu'elle imite. »

  • Suzanne Grivel

    gardienne du château

    Elle fait le tour de la cour deux fois par jour et sait dire, à l'oeil, de quel siècle vient chaque fenêtre. Elle trouve les touristes bruyants.

    « J'étais dans la cour du château, à ma ronde. Vous pouvez vérifier ce que j'y vois : les fenêtres n'y sont pas toutes du même âge, et de loin. »

  • Firmin Delachat

    peintre en décor

    Il repeint les façades de la vieille ville et se vexe quand on prend son travail pour de la vraie pierre. Ce qui, dit-il, arrive tout le temps.

    « J'étais place Saint-Léger, le nez en l'air. Je regardais les façades, et je peux vous dire lesquelles mentent. »

La grille

Un nom se raye à chaque arrêt, quand son histoire tient debout. À la fin, il en reste un.

  • Mathilde Berruyercarillonneuse remplaçante
  • Anselme Charvinsacristain
  • Colette Vionnetguide de la vieille ville
  • Bastien Molardapprenti fondeur
  • Suzanne Grivelgardienne du château
  • Firmin Delachatpeintre en décor

Les 6 arrêts

  1. 01

    Fontaine des Éléphants

    Place de la Fontaine des Éléphants, 73000 Chambéry

    on vérifie Bastien Molard

    Bastien dit avoir dessiné la colonne pendant une heure, et surtout l'arbre qu'elle imite. Levez les yeux : quel arbre ? Puis regardez ce qui est sculpté à sa base.

    Ce qu'on trouve sur place

    La colonne imite un palmier. À sa base sont sculptés des armes, des armures et des drapeaux indiens, rapportés des campagnes de Benoît de Boigne.

    Bastien dit vrai : il faut avoir passé du temps devant pour parler du palmier plutôt que des éléphants, que tout le monde regarde. Rayez-le de la grille.

    Source : Base Mérimée, ministère de la Culture, notice PA00118233

  2. 02

    Une allée couverte de la vieille ville

    Rue de Boigne, 73000 Chambéry

    Remontez la rue de Boigne vers le château. Les allées s'ouvrent sur les côtés, sans prévenir.

    on vérifie Colette Vionnet

    Colette jure avoir traversé un pâté de maisons sans sortir dans la rue. Entrez dans une allée et vérifiez : est-ce qu'elle débouche ailleurs, ou est-ce un cul-de-sac ?

    Ce qu'on trouve sur place

    Les allées de Chambéry forment un labyrinthe de passages couverts hérité du Moyen Âge. Elles faisaient communiquer les cours intérieures et permettaient bel et bien de traverser un pâté de maisons sans passer par la rue.

    Colette dit vrai, et c'est vérifiable en marchant. Rayez-la de la grille.

    Source : Ville de Chambéry, présentation du centre historique

  3. 03

    Place Saint-Léger

    Place Saint-Léger, 73000 Chambéry

    Rejoignez la grande place pavée, à deux minutes.

    on vérifie Firmin Delachat

    Firmin prétend savoir quelles façades mentent. Choisissez-en une et regardez de près ses encadrements de fenêtres et sa corniche : sont-ils en relief, ou peints à plat ?

    Ce qu'on trouve sur place

    Plusieurs façades de la place sont en trompe-l'oeil : les encadrements de fenêtres et les corniches sont peints, pas sculptés.

    Firmin dit vrai, et il en connaît un rayon. Rayez-le de la grille.

    Source : Ville de Chambéry, présentation du centre historique

  4. 04

    Château des ducs de Savoie, la cour

    Place du Château, 73000 Chambéry

    Montez vers le château. L'accès à la cour est libre aux heures d'ouverture.

    on vérifie Suzanne Grivel

    Suzanne dit reconnaître l'âge des fenêtres à l'oeil. Depuis un seul point de la cour, comptez les types de fenêtres différents que vous voyez.

    Ce qu'on trouve sur place

    Le château a brûlé et été repris pendant six siècles : ogives, meneaux et fenêtres droites du XIXe se lisent parfois sur une même façade.

    Suzanne dit vrai : sa ronde lui a appris à lire ces murs. Rayez-la de la grille.

    Source : Ville de Chambéry, visite de la ville et du château

  5. 05

    La tour Yolande, depuis la cour

    Place du Château, 73000 Chambéry

    Restez dans la cour et cherchez la tour qui abrite le carillon.

    on vérifie Mathilde Berruyer

    Mathilde se dit capable de donner le nombre exact de cloches. Avant de tourner la page, écrivez votre estimation. Puis lisez le fait.

    Ce qu'on trouve sur place

    Le carillon compte 70 cloches, installées en 1993 par la fonderie Paccard dans la tour Yolande. C'est le plus grand carillon de France, et l'un des huit plus grands du monde.

    Mathilde dit vrai, au détail près. Rayez-la de la grille. Il ne reste qu'un nom.

    Source : Département de la Savoie, savoie.fr, et Ville de Chambéry

  6. 06

    Cathédrale Saint-François-de-Sales

    Place Métropole, 73000 Chambéry

    Redescendez vers la place Métropole. C'est le dernier arrêt, et l'accusation se prononce ici.

    on vérifie Anselme Charvin

    Anselme jure avoir passé la main sur les nervures de pierre sculptée de la voûte. Entrez, avancez au milieu de la nef, levez la tête, et regardez de quoi ces nervures sont faites.

    Ce qu'on trouve sur place

    Elles ne sont pas en pierre : elles sont peintes. Tout le décor est un trompe-l'oeil, réalisé entre 1833 et 1836 par le fresquiste Casimir Vicario. C'est le plus grand trompe-l'oeil du XIXe siècle en Europe.

    On ne passe pas la main sur une nervure peinte. Anselme n'était pas dans la cathédrale ce matin-là, et son alibi est le seul qui ne tienne pas. Prononcez l'accusation avant de lire la suite.

    Source : Département de la Savoie, patrimoines.savoie.fr, et base Mérimée, notice PA00118223

Le fin mot

À n'ouvrir qu'après avoir prononcé l'accusation

Anselme Charvin

Anselme Charvin avait la clé de la tour, comme les cinq autres. Il n'a rien cassé : il a simplement bloqué le clavier une matinée, pour que la ville entende, une fois, ce que serait Chambéry sans son carillon. Il s'est trahi en récitant un décor qu'il croyait sculpté, et qui est peint depuis 1836. Personne n'a porté plainte. Le carillon a resonné le lendemain.

D'où viennent les faits

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